Irak: à Mossoul, l'horreur des combats urbains, pertes civiles en hausse

Plus de 300 civils ont péri, selon l'ONU, dans la partie occidentale de Mossoul (Irak) depuis le lancement à la mi-février 2017 par les troupes gouvernementales soutenues par la coalition, d'une offensive pour déloger les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).



Irak: à Mossoul, l'horreur des combats urbains, pertes civiles en hausse
L'incident le plus meurtrier s'est déroulé le 17 mars 2017 lorsque la coalition internationale contre l'organisation Etat islamique a bombardé une maison de Mossoul. Des témoins ont affirmé que les jihadistes avaient forcé 140 civils à entrer dans cette maison pour servir de boucliers humains.

Sans condamner la coalition, l'ONU lui demande de revoir sa tactique à Mossoul : « Nous savons clairement, indique Rupert Colville, porte-parole du Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l'homme, que l'organisation Etat islamique utilise les civils comme boucliers humains et qu'elle place des gens dans des bâtiments susceptibles d'être attaqués. Alors la coalition doit faire face à un problème délicat, et elle est obligée d'y faire face en se conformant au droit humanitaire international. Elle doit prendre toutes les précautions nécessaires pour que ses attaques soient proportionnées et que les risques pour les civils soient limités. »

« Je pense que dans un sens l'organisation Etat islamique tend un piège à la coalition en utilisant les civils de manière aussi monstrueuse, poursuit le responsable onusien. C'est un piège pour la coalition et les forces irakiennes, car les jihadistes espèrent que des civils seront tués et ils pourront s'en servir pour leur propagande. Donc, nous disons à la coalition : "Ne tombez pas dans le piège, peut-être allez moins vite. Faites le nécessaire pour gagner la guerre contre l'Etat islamique à Mossoul mais pas d'une façon qui provoque autant de victimes civiles". Et c'est là que la tactique intervient : quel type d'arme la coalition utilise, et la vitesse avec laquelle elle tente de reprendre la ville. »

Eviter les « attaques disproportionnées »

Le général américain Stephen Townsend, qui dirige les forces de la coalition anti-EI, a reconnu que la coalition avait « probablement joué un rôle » dans la mort de nombreux civils dans un bombardement aérien à Mossoul le 17 mars. « Un général a été nommé » pour enquêter, a-t-il déclaré. Pour lui, « si des innocents ont été tués, il s'agit d'un accident de guerre involontaire. »

« Le nombre élevé de victimes civiles laisse à penser que les forces de la coalition n'ont pas pris les précautions nécessaires pour épargner les civils, en violation flagrante du droit international humanitaire », a dit, dans un communiqué, Donatella Rovera, conseillère sur les situations de crise pour l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International. Elle a, par ailleurs, appelé à éviter « des attaques disproportionnées. »

Avec RFI

Ousmane Demba Kane

Mercredi 29 Mars 2017 - 10:23



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter