Irak: dix ans après l'invasion, la jeunesse se cherche une place

Il y a dix ans, la coalition américano-britannique lançait son offensive contre l'Irak de Saddam Hussein. Il n'aura fallu que quelques semaines pour que s'effondre le régime du dictateur. Mais l'après-guerre a été autrement plus difficile à gérer. Un conflit interreligieux, opposant les milices chiites et sunnites d'un côté et les troupes étrangères d'occupation de l'autre a ensanglanté le pays de 2005 à 2008. Selon une nouvelle étude de la revue britannique The Lancet, entre 2003 et 2011, le conflit a fait plus de 116.000 victimes parmi les civils irakiens.



Maison soufflée par une explosion dans un quartier à majorité chiite de la banlieue de Bagdad, le 19 mars 2013.
Maison soufflée par une explosion dans un quartier à majorité chiite de la banlieue de Bagdad, le 19 mars 2013.
Quoique rongé par des attentats quotidiens, le pays, majoritairement chiite, assiste à un formidable retour du religieux dans la société. Pour les jeunes Irakiens, découragés par le peu de perspectives qui leur sont offertes, la situation est des plus délicates. Nombreux sont prêts à tout quitter pour tenter leur chance à l'étranger. Ils parlent anglais couramment, et sont accros à Facebook et Twitter. Hussein et son ami Hathir ont 24 ans. Hussein qui étudie le oud, le luth traditionnel, a bien du mal à s'imaginer un avenir en Irak. «Je veux devenir musicien, mais je ne peux pas vivre en Irak. Tout le monde m'en veut. Je n'ai rien à faire ici. Oui, je dois partir. Même quand certains de mes amis voient mon oud, ils disent: 'Ah mais c'est contre la religion'. Alors, il y a quelques jours, j'ai décidé de leur répondre: 'désolé les religieux, mais le oud c'est ma religion à moi'. Entre intolérance, violences et manque de perspectives, les jeunes Irakiens ont vite déchanté après l'invasion de leur pays. 70% de la population irakienne a moins de 30 ans. Et c'est justement cette jeunesse qui est la première à souffrir du chômage. Et Hathir ne voit pas bien ce que la classe politique pourrait y changer. «Tout va mal, ici. C'est ça le vrai problème, tout va mal. Moi je suis prêt à voter pour quelqu'un en qui je crois, qui défend des positions que je partage. Mais je ne vois vraiment personne à qui je pourrais donner ma voix.» Hathir veut devenir ingénieur du son. Alors pas question de rester en Irak. Peut-être ira-t-il au Liban, ou, mieux, aux Etats-Unis, s'exclame-t-il.

Source : Rfi.fr

Dépéche

Mercredi 20 Mars 2013 - 10:49



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