Israël annonce la mort du soldat Goldin et poursuit son offensive

Israël comme le Hamas ont réaffirmé, samedi 2 août, leur volonté d’atteindre leurs objectifs militaires. Toutefois dans l’après-midi, l’armée israélienne a commencé à se retirer de certains secteurs. Dans la nuit, les autorités de l'Etat hébreu ont annoncé que le soldat israélien qui était porté manquant dans la région de Rafah, Hadar Goldin, a été tué au combat la veille.

L’armée israélienne avait auparavant estimé qu’il avait pu être capturé et elle avait alors multiplié les frappes sur la région de Rafah. Sur le terrain, malgré les retraits, les combats n'ont pas cessé depuis.



« C’est avec beaucoup de tristesse que la famille Goldin annonce avoir accepté la décision de l’armée selon laquelle Hadar, commandant du bataillon de reconnaissance Givati, a été tué au combat à Rafah », a déclaré ce dimanche matin, un porte-parole de la famille du soldat disparu vendredi. Une famille qui « souhaite remercier le peuple d’Israël » et qui demande « à tous les Israéliens et ceux qui le veulent, de venir accompagner le héros Hadar vers sa dernière demeure. »
Dans la nuit, l’armée a annoncé la mort de l'officier d'infanterie. Celui-ci a été tué au combat vendredi, dans la bande de Gaza. Sa disparition et l’attaque de son unité dans le sud du territoire avaient provoqué une riposte meurtrière et la fin d'une trêve décrétée quelques heures plus tôt.
Le gouvernement israélien souhaite pour l'heure la poursuite de l’opération « Bordure protectrice », arguant que l'armée emploierait « toute la force requise » dans cette opération qui durerait « aussi longtemps que nécessaire », selon les termes employés par Benyamin Netanyahu dans la nuit. Réponse d’un porte-parole du Hamas : « Nous poursuivrons notre résistance jusqu'à ce que nous ayons atteint notre objectif. »
Le début d'un véritable retrait ?
Si le langage reste martial, les annonces de Benyamin Netanyahu et le fait que l'armée ait appelé au retour des habitants dans le Nord annoncent a minima un redimensionnement de l’opération, analyse Etienne Monin, envoyé spécial dans la bande de Gaza pour France Info.
Les habitants peuvent revenir dans les zones rouges du nord de l'enclave. Des témoins disent avoir vu un retrait des chars des villages proches de Khan Younès, plus au sud. Et le Premier ministre Benyamin Netanyahu, dans sa conférence de presse hier soir, a indiqué que les forces israéliennes étaient en train d’achever la neutralisation des tunnels qui justifiait aujourd’hui l’opération terrestre.
L’armée a par ailleurs annoncé, ce dimanche, le retrait de certaines troupes engagées à Gaza. D’autres sont redéployées au sein du territoire. « On change de braquet mais on continue », a affirmé à l’AFP Peter Lerner, le porte-parole de Tsahal.
Poursuite des combats
Pourtant les combats n’ont pas cessé. Douze Palestiniens ont été tués ce dimanche matin lors de raids israéliens dans la bande de Gaza, selon un nouveau bilan des services de secours. Neuf des victimes ont été tuées à Rafah, dans le sud de l’enclave, et trois dans le centre de la bande de Gaza.
Par ailleurs, au moins sept Palestiniens ont été tués dans une frappe ayant touché une école de l'ONU qui accueille des réfugiés à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, selon les secours locaux. L'Etat hébreu n'a pour l'heure pas fait de commentaire sur cette frappe.
Benyamin Netanyahu a évoqué trois secteurs encore dans lesquels les forces resteront actives pour neutraliser le reste des tunnels. Il parle aussi d’un dispositif de sécurité pour protéger les villages israéliens frontaliers. Le mouvement de retrait devrait donc être progressif. Hier il y avait encore des chars au loin quand les habitants sont revenus dans le secteur nord.
Méfiance et retour au quotidien
Néanmoins, ce matin à Gaza, constate l'envoyé spécial, les habitants ont profité de ce climat de désescalade. Un pêcheur était en mer très tôt et des gens sont sur la plage, ce qui ne se voit plus que lors des cessez-le-feu.
Les bédouins sont également revenus dans la zone nord avec leurs chèvres, tout un village réfugié depuis 17 jours dans une école. Ambiance de méfiance de leur côté et découverte de l’ampleur des dégâts car la plupart des maisons ont été ravagées par les tirs israéliens.

RFI

Dimanche 3 Août 2014 - 13:10



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