Israël : après sa victoire, Nétanyahou doit former une coalition

Après avoir réussi à faire mentir les sondages qui le donnaient perdant, Benyamin Nétanyahou, fort de cette surprenante victoire à l'arrachée, doit maintenant relever un autre défi : le premier ministre sortant n'effectuera un quatrième mandat de chef du gouvernement israélien qu'à la condition qu'il parvienne à former une coalition.



Selon son parti, le Likoud, M. Nétanyahou s'est déjà entretenu avec différents chefs de parti, et il a « l'intention de se mettre immédiatement à la formation du gouvernement afin d'achever cette tâche dans un délai de deux à trois semaines ». Le but : obtenir la majorité absolue à la Knesset, soit 61 sièges sur 120, alors que le parti conservateur en obtiendrait à lui seul 29 ou 30, selon les derniers résultats, soit moins de la moitié. 

Derrière, l'Union sioniste obtiendrait 24 sièges ; puis la liste commune des partis arabes, autre surprise du scrutin, devient la troisième force au Parlement, avec 14 sièges.


La dispersion des voix entre une dizaine de partis et la complexité des alliances possibles rend encore incertain le nom du prochain premier ministre.

Une fois que les résultats officiels auront été proclamés, peut-être d'ici à la fin de la semaine, le président Reuven Rivlin aura sept jours pour accomplir la tâche capitale de choisir auquel des 120 députés élus confier la formation du gouvernement.

 

Herzog rejette un gouvernement d'union nationale

M. Rivlin s'est prononcé mardi soir en faveur d'un gouvernement d'union nationale qui réunirait MM. Nétanyahou et Herzog, au côté d'autres partis. Benyamin Nétanyahou avait repoussé l'option d'une union nationale à la sortie de son bureau de vote, à Jerusalem aux premières heures de la matinée mardi : « Il n'y aura pas de gouvernement d'union avec le parti travailliste. »

Selon le quotidien Yediot Aharonot, MM. Nétanyahou et Bennett se sont déjà entendus pour engager des négociations pour une coalition de droite lors d'une conversation téléphonique.

Les résultats confirment le rôle de faiseur de roi prédit à Moshe Kahlon, un ancien du Likoud dont la formation centriste Koulanou obtiendrait 10 sièges. Ses relations sont exécrables avec M. Nétanyahou, bien que celui-ci lui ait, avant le vote, promis le portefeuille des finances.

M. Kahlon avait conduit la libéralisation du secteur de la téléphonie mobile durant son mandat. Il a annoncé qu'il rejoindrait « un gouvernement aux orientations sociales », formulation relativement vague. Dans le quotidien Haaretz (édition abonnés), le journaliste Akiva Eldar affirme que M. Kahlon ne pourra pas s'allier avec M. Nétanyahou après que celui-ci a rejeté la solution des deux Etats. 

Selon Haaretz, M. Herzog a engagé des négociations immédiatement après l'annonce des résultats avec d'autres formations, à l'exclusion du Likoud de M. Nétanyahou et du Foyer juif de Naftali Bennett. Selon le site Ynetnews, MM. Nétanyahou et Herzog ont tous deux appelé Aryeh Deri, du parti religieux ultraorthodoxe Shas (7 voix), qui a accepté de rencontrer le premier mercredi. Si la liste regroupant les partis arabes décidait de soutenir l'Union sioniste, elle pourrait faire perdre à M. Herzog d'autres partenaires éventuels.

 

LeMonde.fr

Mercredi 18 Mars 2015 - 11:31



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