Italie: le pape François rend la mafia très nerveuse

C’est une véritable sonnette d’alarme que lance le procureur adjoint du parquet anti-mafia de Calabre, Nicola Gratteri. Selon ce magistrat, connu pour sa rigueur, le pape François est en danger : sa volonté de faire un grand ménage dérange beaucoup les cols blancs de la criminalité organisée.



Italie: le pape François rend la mafia très nerveuse

Le pape François serait menacé par la mafia. C'est ce qu’affirme le juge anti-mafia Nicola Gratteri, contraint de vivre lui-même sous escorte depuis 1989. Dans un entretien accordé au journal Il Fatto Quotidiano, il explique que le pape prend des risques importants en démontant tous les centres du pouvoir économique au Vatican. En imposant une politique de transparence à la banque du plus petit État au monde, l'Institut pour les œuvres religieuses (IOR), où 1 000 comptes de clients, sans lien direct avec le Saint-Siège, ont déjà été fermés.


La politique de transparence totale du pape François porterait un coup très dur aux cols blancs des organisations criminelles. En particulier à ceux de la Ndrangheta, la puissante mafia calabraise, qui se sont infiltrés partout et se sont nourris, pendant des années, à travers des investissements et le recyclage d’argent sale, des connivences avec des religieux. Or le pape veut tourner cette page sans pour autant juger nécessaire un renforcement des mesures de sécurité autour de lui.


Soutiens à tous les niveaux de l'Eglise


Le pape François n'est pas le premier représentant de l'Eglise à afficher une volonté de transparence. Rappelons le travail de don Luigi Ciotti qui a fondé en 1995, à Turin, l’associationLibera «contre toutes les mafias», ou encore celui de haut prélats du sud de l’Italie comme le cardinal de Naples, Crescenzio Sepe. Ce dernier soutient d’ailleurs la manifestation qui se tiendra ce samedi 16 novembre  à Naples, est organisée par des comités de citoyens révoltés par l’inertie de la classe dirigeante contre les effets dévastateurs des tonnes de déchets toxiques enterrés par la mafia dans des décharges illégales depuis ces vingt dernières années. On peut également citer le prêtre don Maurizio Patriciello qui lutte depuis des années contre la Camorra, la mafia napolitaine.


Mais on trouve aussi des prêtres, des évêques des cardinaux qui acceptent la loi de l’omerta. D’autant que les mafieux entretiennent un lien très particulier avec la religion catholique.


Rfi.fr

Dimanche 17 Novembre 2013 - 11:05



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