Joseph Koto tire le bilan du Mondial U20 : « Nos billets retour étaient réservés pour le 8 juin »

Hier raillé, aujourd’hui adulé, Joseph Koto a réussi là ou tous les entraineurs sénégalais ont échoué : atteindre le dernier carré d’une coupe du monde. Après un parcours qui aura vu le Sénégal terminer à la 4e place du mondial pour une première participation, le sélectionneur Joseph Koto fait le bilan de cette campagne tout en se projetant vers l’avenir. Morceaux choisis.



Joseph Koto tire le bilan du Mondial U20 : « Nos billets retour étaient réservés pour le 8 juin »

« Personne ne croyait en nous »

« En Nouvelle Zélande, notre bilan est plus que positif. Je vais vous raconter une anecdote : quand on quittait Dakar, nos billets retour étaient réservés pour le 8 juin 2015. C’est-à-dire le lendemain du dernier match de poule. Personne ne croyait à la qualification de l’équipe. Quand on m’a dit que la réservation était faite pour le 8 juin, j’ai rigolé parce qu’on était ce petit poucet qui ne connaissait pas grand-chose à la compétition. Mais je vous l'ai dit : on s'était bien préparé, tant sur le plan physique que mental. La préparation ce n’est pas seulement d’aller à l’extérieur. Quand on a demandé à y aller, c’était pour peaufiner les automatismes, jouer contre des équipes solides pouvant nous permettre de voir notre équipe dans toutes les circonstances. Ces tests grandeur nature devaient nous permettre de mieux nous forger. A défaut de tout cela, nous sommes restés à Toubab Dialaw. Moi j’étais convaincu que le Sénégal pouvait avoir un meilleur résultat. Même contre le Brésil on pouvait gagner. Mais l’équipe commençait à montrer des signes de fatigue. Les joueurs n'avaient pas l'habitude de jouer des matchs rapprochés tous les deux jours avec des voyages d'avion incessants. Beaucoup de joueurs étaient fatigués et on avait 9 blessés. On a pioché parmi ces blessés les joueurs plus ou moins valides pour les faire jouer. »

« C'est après le Portugal que j'ai cru à la qualification »

« Après la défaite lors du premier match, j'étais encore plus motivé. Ceux qui me connaissent savent que je ne lâche pas facilement le morceau. Je suis un battant et je pense que les gens ne seront pas surpris par ce résultat parce que c'est mon tempérament. D'ailleurs c'est cette valeur que j'inculque à mes joueurs. (...) Après cette première sortie je n'ai pas dormi la nuit. J'ai visualisé la cassette de la la rencontre et je me suis dit qu'on avait la possibilité parque les joueurs étaient en jambes, mais comme ils découvraient la compétition, ils avaient beaucoup de pression. »

« Face au Brésil, on a été victime d'excès de confiance»

« Avec le président Augustin Senghor, on a continué à parler aux joueurs pour les motiver davantage. Il y avait un excès de confiance chez eux parce que les joueurs croyaient allaient passer tranquillement face au Brésil. Et sur ce match là, on avait beaucoup de blessés. On était obligé de gérer avec le médecin. (..) C'est ce but matinal qui nous a plombés. Il a complètement cassé le moral de l'équipe. Hhabitué à cette compétition, les Brésiliens nous ont bien observés. Ils ont cerné nos latéraux en les empêchant de sortir avec un pressing constant. En première période on pris quatre buts et un en deuxième mi-temps. A dix, on a eu les meilleurs occasions du match. Si on les avait concrétisées, ça serait autre chose. »

« Cela fait 27 mois que nous ne sommes pas payés»

« Je n'aime pas tellement parler d'argent, par principe. Imaginez que ça fait ving sept mois que nous ne sommes pas payés. La Fédération, pour nous stabiliser durant la compétition a décidé de nous désintéresser. Quand on rencontrait le président de la République récemment, je luis disais : "en présence de Dieu, je ne m'adresse pas aux apôtres". J'ai sensibilisé le chef de l'Etat sur notre situation. Séance tenante, il a demandé que la situation soit réglée et le ministre des Sports était dans les dispositions de régler cette affaire-là. Mais, pour les retombées, la prime promise par le président de la République a été remise hier (mercredi, NDLR). Pour le reste on attend que la FSF reçoive sa part. L'un dans l'autre, je pense que la motivation  est importante. Je ne parle pas d'argent mais plutôt des conditions. »

Source Stades


 

 


Vendredi 10 Juillet 2015 - 09:47



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