Journée internationale des droits des femmes : L'élection de Marine Le Pen serait-elle une victoire pour les femmes?

Sur ce point, les féministes ne sont pas toutes d'accord.



Journée internationale des droits des femmes : L'élection de Marine Le Pen serait-elle une victoire pour les femmes?
JOURNÉE MONDIALE DE LA FEMME - Marine Le Pen présidente? Si le scénario n'est pas le plus probable, il est de moins en moins exclu tant par les observateurs que par ses rivaux. Une femme au sommet de l'Etat. Sur le papier, il s'agit d'un aboutissement, d'une suite logique au combat mené pour que triomphe l'égalité homme-femme. Mais, dans le cas de l'élection de Marine Le Pen, serait-ce le même symbole que si Ségolène Royal avait remporté la présidentielle en 2007? Ou Hillary Clinton en 2016? La victoire de Marine Le Pen à l'élection présidentielle représenterait-elle une victoire pour les femmes?
 
"C'est peut-être une victoire du féminisme, ce n'est pas une victoire pour la démocratie." Voilà la réponse que donna la philosophe Elisabeth Badinter invitée sur France Inter le 7 février 2017. Une petite phrase qui fit polémique, certains lui reprochant de soutenir Marine Le Pen. Difficile donc de souligner le symbole sans déclencher de procès d'intention.
 
La candidate du Front national a l'occasion de s'exprimer sur le sujet puisqu'elle s'offre deux heures de direct sur RTL ce mercredi 8 mars, Journée internationale des droits des femmes.
 
Pour les féministes et observateurs de la vie politique que nous avons interrogés, la question ne laisse pas indifférent, elle intrigue, agace ou met mal à l'aise. Si symbole il y a, mieux vaut lui tourner le dos et réaligner le sujet sur la question des idées.
 
Une "fille de" avant d'être une femme
 
"On ne peut pas déconnecter le fond de la personne", martèle Claire Serre-Combe, porte-parole d'Osez le féminisme, jugeant au passage les propos d'Elisabeth Badinter "hallucinants". Rebecca Amsellem, fondatrice du média féministe Les Glorieuses, refuse même d'accorder toute portée symbolique à cette accession au pouvoir: "Le symbole, on s'en fout".
 
Pourquoi refuser à Marine Le Pen ce symbole? À cause d'abord de son patronyme et de son parcours au sein du Front National. "Marine Le Pen est la fille de son père, avant d'être une femme politique", analyse Camille Froidevaux-Metterie, professeure de science politique à l'Université de Reims et auteure d'un docu-fiction sur les femmes politiques françaises.
 
Sans l'étiquette Le Pen/FN, les avis changent, évidemment. "Si c'était une candidate issue d'un parti qui prône les valeurs démocratiques, ce serait une victoire en terme de représentation pour les jeunes filles", assure Rebecca Amsellem, avant d'ajouter bien vite pour que le doute ne perdure pas "mais ce n'est pas le cas de Marine Le Pen. Ça fait treize ans qu'elle s'évertue à faire reculer les droits des femmes."
 
Dans son programme, trois lignes sur les droits des femmes
 
Dans son programme présidentiel justement, Marine Le Pen parle des femmes à une seule reprise. Dans l'engagement n°9, elle entend "défendre les droits des femmes". Elle envisage cela par trois actions: "lutter contre l'islamisme qui fait reculer leurs libertés fondamentales; mettre en place un plan national pour l'égalité salariale femme/homme et lutter contre la précarité professionnelle et sociale". Ce rapprochement entre lutte féministe et danger de l'Islam est une déclinaison du thème cher au FN, les dangers de l'immigration. Il est logiquement ce sur quoi la candidate communique le plus.
 
Dernier exemple en date, en février 2017, en visite au Liban, Marine Le Pen refuse de se voiler pour son audience avec le mufti de la République à Beyrouth. Un geste parfois bien accueilli, y compris auprès de ses opposants politiques. Interrogé dans l'Émission Politique, Jean-Luc Mélenchon, qui se considère comme "un militant lié au féminisme", l'a par exemple soutenu.

huffingtonpost.fr

Mercredi 8 Mars 2017 - 10:18



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter