Journée "villes mortes" en RDC

​De nombreux habitants de Kinshasa ont observé le mot d'ordre de l'opposition congolaise, qui a appelé ce mercredi à une journée "villes mortes" pour exiger le départ du président Joseph Kabila en décembre prochain.



Journée "villes mortes" en RDC
Un grand marché situé dans le nord-ouest de la capitale congolaise a connu une ambiance inhabituelle, car il est déserté ce matin par son nombreux public, a constaté Poly Muzalia, le correspondant de BBC Afrique à Kinshasa.

"Les gens ne sont pas venus au marché. La circulation est fluide", rapporte-t-il, soulignant que cette partie de la ville connait souvent des embouteillages.

"Ce matin, à 9h, les rues étaient désertes, les commerces étaient fermés. Le Boulevard du 30-Juin, la principale artère de la ville, est quasiment vide, alors qu'elle est habituellement embouteillée, surtout pendant les heures de pointe du matin", ajoute notre correspondant Une centaine de policiers ont pris position dans la même zone, où se trouve le domicile d'Etienne Tshisekedi, le principal opposant de Joseph Kabila.

Le mot d'ordre de journée "villes mortes", largement suivi à Kinshasa, est ignoré à Lubumbashi, la deuxième ville du pays, selon l'Agence France-Presse.

L'activité était normale ce matin, dans cette ville située dans le sud-est du pays, fief de l'opposant en exil Moïse Katumbi.

Le gouvernement, lui, a appelé les populations à "vaquer normalement à leurs occupations".

S'ils ne vont pas travailler ce mercredi, les fonctionnaires seront sanctionnés, ont averti les autorités gouvernementales.

L'appel à une journée "villes mortes" est une initiative du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement.

Cette coalition de partis d'opposition s'est constituée en juin dernier autour d'Etienne Tshisekedi, le leader de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Lors de la dernière mobilisation de l'opposition contre le pouvoir, les 19 et 20 septembre, 49 civils et quatre policiers avaient été tués, selon l'ONU.

Le mandat Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, réélu en 2006 et 2011, expire le 20 décembre prochain.

La Constitution lui interdit de se présenter de nouveau comme candidat à l'élection présidentielle.
Mardi, son gouvernement et une partie de l'opposition ont signé un accord au terme d'un "dialogue national" lancé début septembre.

Cet accord reporte à avril 2018 l'élection présidentielle prévue initialement avant la fin de 2016.
Il autorise le maintien de M. Kabila à son poste jusqu'à la prise de fonctions du président à élire en 2018.
 

bbc.com

Mercredi 19 Octobre 2016 - 11:47



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter