Juventus, un Conte de faits

L'annonce a surpris. Elle a même fait, mardi en fin de journée, l'effet d'une bombe pour les supporters de la Vieille Dame. A quelques semaines seulement du début officiel de la saison, Antonio Conte a décidé de démissionner de son poste d'entraîneur de la Juventus et laissé la place à Massimiliano Allegri. Rappel des faits.



Juventus, un Conte de faits
La perte est tellement lourde, que les inquiétudes qui planent autour du club piémontais sont justifiées. Depuis qu’Antonio Conte a pris les rênes de l’équipe, à l’orée de la saison 2011-2012, la Juventus a retrouvé sa suprématie sur le plan national. Trois Championnats d’Italie consécutifs avec un record historique de 102 points la saison passée et deux Supercoupes. En trois ans, le coach italien ne compte que quinze défaites sur les 151 matches, toutes compétitions confondues, disputés par son équipe. Un ratio impressionnant quand on sait que le club du Piémont avait terminé à une décevante septième place l’année qui a précédé son arrivée.

Iturbe file à la Roma et Conte décide de s'en aller...

Dans une vidéo, au ton assez solennel, l’ancien milieu défensif n'a pas vraiment expliqué les raisons de son choix. Mais cette décision de s'en aller précipitamment a été accélérée par le double échec subi sur le mercato pour deux joueurs qu'ils souhaitaient à tout prix afin de faire évoluer son équipe en 4-3-3 : Alexis Sanchez (Arsenal) puis Juan Manuel Iturbe (AS Roma), la goutte d'eau qui a fait déborder le vase dimanche en toute fin de soirée. Usé psychologiquement et fatigué de voir que sa direction ne répondait pas à ses attentes, le technicien a mis ses menaces de départ (formulées en mai) à exécution et préféré lâcher son club, un maillot qu’il a porté avec passion en tant que joueur durant douze saisons, plutôt que de prendre le risque et de devoir en assumer les conséquences de ne pas parvenir -une deuxième année consécutive- à se hisser dans le top 8 européen.

Car Conte avait des envies de grandeur. Après avoir remis la Juve sur le toit de l’Italie, il voulait désormais la voir briller en Europe. Lors de leurs deux participations en Ligue des champions, les Bianconeri n’ont pas convaincu (défaite contre le Bayern Munich en quarts de finale puis éliminé dès les phases de poules). Pour justifier ces éliminations, Conte avait préféré évoquer le manque de moyens financiers de la Juve comparé aux autres puissances continentales : «Nous ne pouvons pas nous permettre les mêmes investissements que le Bayern Munich, le FC Barcelone,… il faut en tenir compte». C’est ce qu’a fait Antonio Conte en choisissant de mettre un point final à son aventure turinoise, mardi matin, annonçant sa décision à son staff puis à ses joueurs.

Des joueurs reconnaissants, des tifosi mécontents

L’officialisation de sa démission a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Et de nombreux joueurs ont voulu marquer leur reconnaissance. Paul Pogba qui a évolué deux saisons sous ses ordres a salué le technicien : «Merci pour la confiance accordée et l’esprit de vainqueur». Claudio Marchisio y est aussi allé de ses remerciements : «Il ne nous a pas seulement permis de gagner, il nous a surtout transformé en une très grande équipe». Le capitaine bianconero Gianluigi Buffon a jugé que «c’était une grosse perte, un vrai coup de tonnerre». Et chez les supporters de la Juve, beaucoup ont du mal à comprendre ce choix. Agacé, énervé, désorienté, déprimé, les adjectifs sont nombreux pour qualifier le ressenti du peuple blanc et noir. D’ailleurs, sur un sondage effectué par la version électronique de Tuttosport (quotidien sportif turinois), 65% des 50 000 sondés trouvent qu’Antonio Conte a pris cette décision à un moment inapproprié et le juge maintenant «antipathique»…

Le nouvel homme fort : Beppe Marotta

Même pas vingt-quatre heures après l’annonce du départ de son technicien, la direction de la Juve a nommé un nouvel entraineur, avec qui les termes d'un contrat avaient déjà été définis en mai au moment où Conte menaçait de quitter la Vieille Dame. Massimiliano Allegri, qui a dirigé l’AC Milan entre 2010 et 2014, a rapidement pris ses fonctions, accompagné de tout son staff. Même s’il était supporter de la Vieille Dame adolescent - il avait même le poster de Michel Platini dans sa chambre - l'ancien technicien rossonero est très loin de faire l’unanimité auprès des tifosi bianconeri. Sur Tuttosport.it, 90% des 50 000 votants se sont exprimés en désaccord avec ce choix du triple champion d'Italie en titre, dont le véritable homme fort est sans aucun doute Beppe Marotta, le directeur sportif au plein pouvoir. Et si l'avenir de la Juve semble quelque peu incertain, celui d’Antonio Conte serait tout tracé. Il devrait prendre en main la sélection italienne. La place de sélectionneur est vacante depuis la démission de Cesare Prandelli suite à l’échec de l’Italie, éliminée au premier tour de la Coupe du monde au Brésil. Un poste que convoitait il y a encore quelques jours Max Allegri... Mais ça c'était juste avant l'instant précis où les destins s'entremêlent.

Francefootball

Vendredi 18 Juillet 2014 - 17:20



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