Karim Wade se dit «prisonnier politique» face à la justice

Au Sénégal, Karim Wade, fils de l’ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, a comparu ce jeudi 31 juillet devant une cour spéciale à Dakar. La justice enquête sur un patrimoine présumé, estimé à 178 millions d'euros. C'est véritablement le premier procès mené suite au lancement d'une opération contre les biens mal acquis. Lors de ce premier jour de son procès, Karim Wade s’est présenté comme un « prisonnier politique ».



Dakar, le 31 juillet 2014. Karim Wade arrive au tribunal sous bonne escorte. AFP PHOTO / STRINGER
Dakar, le 31 juillet 2014. Karim Wade arrive au tribunal sous bonne escorte. AFP PHOTO / STRINGER

Toute l’attention s’est portée sur Karim Wade, qui est apparu décontracté, confiant et dynamique. Il était vêtu d’un boubou et d’une écharpe blanche. La salle, qui contient 1 500 places, était remplie de militants.

Face aux juges, Karim Wade s’est ironiquement présenté comme étant « un banquier et un détenu politique ».

L’ensemble du procès s’est déroulé très lentement. En effet, le président de la cour a régulièrement suspendu la séance pour consulter les quatre autres juges.

Aux côtés de Karim Wade, figuraient cinq autres co-accusés. Parmi eux, Mbaye Ndiaye, l’ancien directeur des Aéroports du Sénégal, ou encore Pierre Agbogba, le président du conseil d’administration de la société aéroportuaire AHS, et l’homme d’affaires franco-libanais Ibrahim Aboukhalil Bourgi dit Bibo Bourgi. C'est ce dernier qui a le plus retenu l’attention du public. Il s’est déplacé en chaise roulante, entouré de trois infirmiers qui tenaient ses perfusions. Pour des « raisons humanitaires », le président de la cour a ordonné son retour à l’hôpital d’où il avait été extrait pour assister à l’ouverture du procès.

« Il y a une grande manipulation dans cette affaire »

Bibo Bourgi souffre notamment d’une maladie cardiaque. Il aurait à plusieurs reprises, fait des démarches pour se faire soigner à l’étranger, mais en vain. Pour son avocat, Me Guedel Ndiaye, c’est l’incompréhension : « Je suis persuadé qu’il y a une grande manipulation dans cette affaire, une grande manipulation du parquet spécial. Et le parquet spécial fait croire que notre client n’a jamais été opéré, or, on le sait, on avait demandé à ce qu’il se fasse opérer en France parce qu’il avait des problèmes d’urologie compliqués par des problèmes cardiaux. Et ça, tout le monde le sait, puisqu’il a été mis en liberté provisoire pour raisons médicales. Deux experts désignés par les juges ont estimé que son état de santé est incompatible avec son maintien en détention, même en milieu carcéral. »

Au total, près de 80 témoins ont été cités par le président de la cour. A ce stade, les questions de fond n’ont pas encore été abordées ; la cour examine les différents recours présentés par les avocats de chaque partie. En fin d’après-midi, le procès a été suspendu. Il reprandre lundi matin.


Dépêche

Vendredi 1 Août 2014 - 09:30



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