Kédougou : le mauvais état des routes étrangle l’économie



photo:visoterra.com
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A Kédougou, ville située à 702 km de Dakar, plusieurs habitants rencontrés par le correspondant permanent de l’APS se désolent du mauvais état des routes qui étouffe le développement économique de la région.

"Chaque fois que nous proposons à un chauffeur de nous emmener par l’un de ces itinéraires, en cette période hivernale, ou bien il refuse ou bien il fait monter les enchères", se plaint Sory Yandi, convoyeur de véhicules à la gare routière de Kédougou (sud-est).

Aller de Kédougou à Dindéfélo ou Fongolimbi, localités situées à 35 et 28 kilomètres de la capitale régionale, est un calvaire pouvant durer deux à trois heures de voiture.

’’Ces routes cahoteuses sont à l’origine du ralentissement des activités de développement" de la localité, se désole M. Yandi.

A cause du mauvais état des routes, ‘’plusieurs fois, j’ai raté des occasions offertes par des groupes importants de touristes’’ qui voulaient visiter la localité, fulmine Amadou Diallo, gérant du campement ‘’Le Dogon du Fouta".

Afidjou Diallo, un responsable des jeunes de Fongolimbi, s’indigne lui aussi de "l’état de la route (qui) a fini d’avilir notre marché hebdomadaire, qui était l’occasion pour nous de faire de bonnes affaires’’.

A cause des mauvaises routes de la région, ‘’nous sommes habitées par la peur de ne pouvoir transporter notre production et la vendre’’, renchérit Idiatou Barry, présidente du groupement de femmes ‘’Fouta de Dindéfélo" qui s’active dans la production et la transformation du fonio et du pain de singe.

Ainsi, l’état des routes plombe les initiatives de développement de Kédougou, un département érigé en région à la faveur d’un redécoupage administratif survenu 2008.

En attendant que les routes de la localité soient mises en bon état, les acteurs économiques continuent de faire des pieds et des mains pour que leurs affaires marchent. C’est le cas des femmes de ‘’Fouta de Dindéfélo’’, qui ont récemment obtenu un financement de plusieurs millions de francs CFA, auprès d’une fondation américaine.

N’empêche, à Fongolimbi, la production maraîchère souffre de l’impraticabilité des routes et pourrit parfois sur place, faute de pouvoir être écoulée.

Le chef du village de Dindéfélo, Kikala Diallo, en appelle à la promptitude des autorités, pour faciliter la mobilité dans son fief, par la construction et la bonne tenue des routes.

Les populations de Kédougou attendent avec beaucoup d’impatience que leurs routes soient améliorées et rêvent de voir leur fief devenir ce ‘’pôle industriel’’ promis par le président Abdoulaye Wade.

Pour ce faire, il faut qu’’’on nous débarrasse de ces routes cahoteuses qui découragent les usagers et les promoteurs économiques’’, souligne M. Diallo.

Grâce à des routes en bon état, a-t-il ajouté, les chutes de Dindéfélo, une des curiosités de la région, pourront être une source inestimable de richesses avec l’arrivée des touristes.

Située à la frontière de la Guinée, Kédougou regorge de mines d’or dont le début d’exploitation a été inauguré par le chef de l’Etat en juin dernier. L’exploitation des mines est dominée depuis quatre ans par la société australienne MDL, qui y côtoie la multinationale Arcelor Mittal.

APS

APS

Lundi 3 Août 2009 - 17:33



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