Kenya: l'opposition célèbre la fête du Madaraka Day de son côté

Depuis un mois, la tension ne cesse de monter entre pouvoir et opposition au Kenya, autour de la question de la commission électorale, accusée par l'opposition d'être partisane. Les manifestations de l'opposition emmenée par Raila Odinga chaque lundi à travers plusieurs villes du pays ont été violemment réprimées, faisant craindre que le Kenya retombe dans la violence. Mercredi, à l'occasion de la commémoration du 53e anniversaire de l'obtention de l'autonomie interne qui allait précéder l'indépendance de quelques mois, tout le monde a craint le pire, l'opposition ayant décidé de faire son meeting à part. Mais la tension est retombée après une rencontre entre les deux camps.



Malgré deux cérémonies bien distinctes pour cette fête nationale du Madaraka Day, il n'y a pas eu d'échauffourées cette fois, car les deux camps avaient passés un accord la veille. Des discussions ont permis de faire retomber la tension entre le camp du président Uhuru Kenyatta et celui de son principal opposant, Raila Odinga, qui tenait meeting, lui, dans le Uhuru Park à Nairobi, alors que la cérémonie officielle se déroulait à Nakuru.

« On a dit à Uhuru qu'il nous a invité trop tard, mais que nous attendrons la fin de la cérémonie de Nakuru pour commencer la nôtre, et qu'il n'y aura pas d'insultes aujourd'hui », a précisé Raila Odinga.

L'opposition, regroupée au sein du Cord, une coalition construite autour de Odinga, Musyka et Watengula, avait rejeté le résultat des élections de 2013 qui avaient abouti à la victoire de Uhuru Kenyatta.

Et depuis un mois, ils manifestent chaque lundi pour exiger la dissolution de la Commission électorale avant le rendez-vous de 2017. Des manifestations mises entre parenthèses après la mort de trois manifestants, tués par la police il y a une dizaine de jours.

Mardi, pouvoir et opposition kenyane ont décidé de mettre en place une commission paritaire chargée d'étudier la question. Mais Raila Odinga a prévenu : « Si les négociations débutent, il n'y aura pas de manifestations. Mais s'il n'y a pas de négociations, lundi, on sera là ! ». Et le vieux leader politique de 71 ans de galvaniser ses troupes avec une chanson : « nous n'allons pas reculer, ni sous les coups ou le gaz ! »

Source: Rfi.fr



Jeudi 2 Juin 2016 - 09:17



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