Kenya: le Service de la faune dans la tourmente

Au Kenya, le Service de la faune fait l'objet d'une purge dans un contexte d'augmentation du braconnage dans le pays. Cinq responsables ont été suspendus, alors que le gouvernement a annoncé qu'il s'impliquerait dans la gestion directe de l'organisation.



Selon les chiffres officiels, 18 rhinocéros et 51 éléphants ont été tués depuis le début de l'année. Des chiffres probablement en deçà de la réalité.
Selon les chiffres officiels, 18 rhinocéros et 51 éléphants ont été tués depuis le début de l'année. Des chiffres probablement en deçà de la réalité.

Un comité sera chargé d'enquêter sur le fonctionnement du Service kényan de la faune (KWS). 600 nouveaux gardes forestiers seront également recrutés. Voilà pour les mesures accompagnant la suspension de plusieurs responsables de l'organisation, annoncées par le ministre kényan de l'Environnement.

Selon ce dernier, l'implication directe du gouvernement dans les activités de KWS est devenue inévitable afin de comprendre l'absence de réponse adaptée face aux braconniers dont les méthodes sont de plus en plus sophistiquées. Le bilan n'est pas reluisant : 18 rhinocéros et 51 éléphants tués depuis le début de l'année. Des chiffres officiels que certains activistes estiment largement en deçà de la réalité.

Appel des défenseurs de la faune

Le parc national de Nakuru a payé le prix fort ces dernières semaines avec au moins 5 rhinocéros abattus en plein jour. Le mois dernier, des défenseurs de la faune - Paula Kahumbu, directrice de Wildlifedirect et Richard Leakey, célèbre paléontologue et directeur du KWS dans les années 90 - avaient appelé le président Uhuru Kenyatta à déclarer un état de désastre national.

Richard Leakey affirmait qu'un petit groupe de personnes haut placées organisaient le braconnage dans le pays en toute impunité et que le Service de la faune était infiltré. Plusieurs noms de politiciens et hommes d'affaires kényans avaient ensuite circulé dans la presse. Quelques jours plus tard, le directeur de KWS qualifiait ces déclarations « d'alarmistes ».


Dépéche

Dimanche 13 Avril 2014 - 12:17



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