Kenya: le procureur prévient les parents d’élèves contre l’excision

Au Kenya, une mise en garde à l’adresse des parents contre l’excision a été lancée. Alors que les écoles publiques ont fermé pour les vacances - la période où le plus grand nombre d’excisions est pratiqué - la section du bureau du procureur en charge des cas de mutilations génitales féminines a rédigé une lettre pour prévenir contre cette pratique illégale. Il y a deux semaines, le secrétaire général de l’ONU lançait à Nairobi une campagne mondiale pour mettre fin à l’excision.



Une femme du peuple Pokot est emmenée à l'écart après avoir été circoncise, dans un village à 80 km de la ville de Marigat, le 16 octobre 2014. REUTERS/Siegfried Modola
Une femme du peuple Pokot est emmenée à l'écart après avoir été circoncise, dans un village à 80 km de la ville de Marigat, le 16 octobre 2014. REUTERS/Siegfried Modola

La première loi votée sous Daniel arap Moi en 2001 n’interdisait l’excision que pour les filles de moins de 18 ans et prévoyait une peine de 12 mois de prison. Elle n’a guère été mise en application.

Dix ans plus tard, c’est un texte beaucoup plus complet qui a été adopté par le Parlement avec des sanctions plus sévères. Elle prévoit 3 ans de prison, ou la prison à vie si l’opération, souvent à l’aide d’une simple lame de rasoir, entraîne la mort de la personne. Elle prévoit également de punir toute personne aidant à la circoncision, permettant que l’acte ait lieu à son domicile, ainsi que les parents qui permettent que leur fille se fasse mutiler.

Si, jusqu’à la fin de l’année dernière, il y a eu peu de poursuites judiciaires, le procureur général Keriako Tobiko a accentué la pression cette année. Il a créé en mars dernier une unité au sein de son bureau, spécialement consacré à la lutte contre le phénomène. Six mois plus tard, une cinquantaine d’affaires étaient devant les tribunaux. Cependant, les défis restent nombreux. La réticence à témoigner, la loi du silence au sein de certaines communautés et la corruption du système judiciaire sont autant d’obstacles pour parvenir à des condamnations.


Rfi.fr

Dimanche 16 Novembre 2014 - 11:05



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