Kenya: limogeage du ministre de l’Intérieur après l'attaque de Mandera

Au Kenya, le président Uhuru Kenyatta a limogé ce mardi 2 décembre le ministre de l’Intérieur et le chef de la police, après le nouveau massacre de 36 ouvriers travaillant dans une carrière à Mandera, dans le nord du pays. L’attaque a été revendiquée par les islamistes somaliens shebabs. Le président kényan a promis « d’intensifier la guerre contre le terrorisme ».



Des parents attendent de voir les corps de proches tués, le lundi 1er décembre, au soir,dans la carrière, près de Mandera, au Kenya, par les islamistes somaliens shebabs. REUTERS/Brian Inganga
Des parents attendent de voir les corps de proches tués, le lundi 1er décembre, au soir,dans la carrière, près de Mandera, au Kenya, par les islamistes somaliens shebabs. REUTERS/Brian Inganga

Cela faisait des mois qu’ils étaient sur la sellette. Quelques heures après l’attaque à Mandera, le président kenyan a annoncé le départ de David Kimayio, le chef de la police et de Joseph Ole Lenku, le ministre de l’Intérieur. Ce dernier est remplacé par Joseph Ole Nkayserri, un militaire à la retraite élu au Parlement depuis 2007.

Après le chef des renseignements intérieurs, Michael Gichangi, remercié en août dernier, la plupart des responsables qui, depuis l’attentat contre le centre commercial de Westgate font l’objet de vives critiques, sont désormais écartés.

Dans son discours, s’il a reconnu des faiblesses dans l’appareil sécuritaire, le président Uhuru Kenyatta a promis des investissements dans le recrutement et l’équipement de la police et de l’armée. « C’est une guerre contre le Kenya, pas contre le gouvernement du Jubilée ou ses dirigeants. Nos petites querelles ne font que renforcer l’ennemi. Les médias doivent faire preuve de retenue. Ils ne doivent plus servir de plateforme pour des discours incendiaires et des échanges toxiques. C’est dangereux pour notre pays. J’ajuste constamment les stratégies pour que la sécurité règne dans chaque coin du territoire et pour chaque Kenyan. Nous reconnaissons quelques faiblesses dans l’appareil sécuritaire mais mon gouvernement a investi massivement pour augmenter le recrutement du personnel de sécurité, améliorer leurs conditions de vie, leur fournir les véhicules et l’équipement dont ils ont besoin pour sécuriser les Kenyans », a promis le président Uhuru Kenyatta.

Cependant, la tuerie de la nuit de lundi à mardi  contre des ouvriers d’une carrière dans le nord est du pays ne cesse de provoquer l’indignation. Les syndicats d’infirmières, à la suite de ceux des enseignants du primaire et du secondaire, appellent leurs adhérents à évacuer la zone de toute urgence. De son côté, le chef de l’opposition, Raila Odinga, a fustigé dans un communiqué la corruption et l’incompétence des autorités. 


Rfi.fr

Mercredi 3 Décembre 2014 - 03:08



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