Kiev ordonne la reprise de l'opération «antiterroriste» dans l’est

Le président ukrainien par intérim a ordonné, mardi 22 avril, la reprise de l'opération antiterroriste dans l’est du pays. Les pro-russes ont selon lui franchi la ligne rouge : il les accuse d'avoir torturé à mort deux personnes. Kiev annonce également qu'un avion militaire a été touché par des tirs au-dessus de la ville de Slaviansk.



Des insurgés, arborant le ruban orange et noir de Saint-Georges, symbole des partisans de la Russie. A Slaviansk, le 21 avril 2014.
Des insurgés, arborant le ruban orange et noir de Saint-Georges, symbole des partisans de la Russie. A Slaviansk, le 21 avril 2014.

La décision de reprendre l’opération dite antiterroriste est visiblement motivée à Kiev par la découverte de deux corps sans vie portant des signes de torture, dans l'est du pays. L'une des victimes est un élu local du parti pro-occidental Batkivchtchina de Ioulia Timochenko. Pour le président pas intérim, c'est le signe que les militants pro-russes ont « franchi la ligne rouge ». « Ces crimes sont commis avec le soutien total de la Russie », accuse Olexandre Tourtchinov.

L'élu était porté disparu depuis plusieurs jours. Il a été retrouvé dans la région de Slaviansk, place forte des insurgés pro-russes, où un autre incident est d'ailleurs signalé : le ministère de la Défense annonce qu'un avion de reconnaissance militaire a été touché par des tirs dans l'Est. Selon le ministère, il s'agit d'un Antonov An-30, un avion de reconnaissance qui effectuait un vol d'observation au-dessus de Slaviansk. L'appareil aurait réussi à se poser sans encombre.

Cette ville de Slaviansk, située à une centaine de kilomètres au nord de Donetsk, est une véritable plateforme des insurgés pro-russes, qui en contrôlent tous les accès. Plusieurs bâtiments y sont aux mains des séparatistes, dont le siège de la police et la mairie, transformée en véritable bunker avec des sacs de sable, du grillage et des hommes cagoulés lourdement armés qui contrôlent tous les allers et venues. Ces mystérieux hommes en treillis vert sont bien organisés, bien équipés. Les autorités ukrainiennes les soupçonnent de venir de Russie. Ils sont visiblement de plus en plus nombreux et de plus en plus actifs.

Ces évènements surviennent en pleine visite en Ukraine du vice-président américain. Joe Biden est venu à Kiev apporter son soutien aux autorités ukrainiennes, qui ont bien du mal à rétablir l'ordre dans l'est du pays aux mains des séparatistes pro-russes. Le numéro 2 américain a promis une aide matérielle de 50 millions de dollars au gouvernement ukrainien. Cela peut paraître modeste, mais un bon cinquième doit permettre d'aider au bon déroulement de l'élection présidentielle du 25 mai prochain. Un scrutin que les Etats-Unis, comme le gouvernement de Kiev, accusent Moscou de vouloir saper.

Joe Biden a d'ailleurs lancé une mise en garde à la Russie en l'enjoignant de désarmer les séparatistes pro-russes qu'il l'accuse de soutenir. Faute de quoi la Russie se retrouvera, a-t-il dit, encore plus isolée. A ses côtés lors d'une conférence de presse, le Premier ministre ukrainien a lui aussi mis en garde la Russie. Arseni Iatseniouk accuse Moscou d'être derrière les troubles, qui secouent le sud-est de l'Ukraine. 

« Nous demandons à nos voisins russes de rappeler immédiatement leurs forces spéciales, qui se trouvent dans l'est de l'Ukraine, a déclaré M. Iatseniouk. Nous demandons de rappeler l'armée en Crimée et de refermer ce chapitre honteux au cours duquel un territoire ukrainien a été pris par des forces russes. »

Et le Premier ministre ukrainien d'ajouter : « Nous estimons que dans le monde actuel, au XXIe siècle, un pays n’a pas le droit de se comporter comme un bandit armé, d’autant plus s’il est membre du Conseil de sécurité de l’ONU, et d’autant plus s’il a été, en son temps, membre du G8. Nous ne demandons rien à la Russie à l’exception d’une chose : conformez-vous aux accords internationaux et ne vous comportez pas en gangsters. »

Washington envoie 600 soldats en Pologne et dans les pays baltes

Cinq jours après la signature des accords de Genève, les espoirs d’apaisement s’amenuisent. Les intimidations de journalistes se multiplient dans les bastions pro-russes. Dans ce contexte de tension croissante, les Américains ont annoncé ce mardi soir l'envoi de 600 soldats en Europe de l'Est pour des exercices.

Une compagnie de 150 hommes de la 173e brigade aéroportée de l'armée américaine, basée en Italie, doit ainsi arriver mercredi en Pologne, et environ 450 hommes sont attendus dans les prochains jours en Estonie, en Lettonie et en Lituanie, pour des exercices « qui doivent avoir lieu au cours des prochains mois et au-delà », a annoncé John Kirby, le porte-parole du Pentagone.

Source : Rfi.fr
 



Mercredi 23 Avril 2014 - 10:12



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