Kinshasa : destructions massives d'habitations dans un cimetière

En juin et juillet, des militaires ont détruit des dizaines de maisons construites dans un cimetière de Kinshasa.

De nombreux habitants sont déterminés à rester, affirmant qu’ils n’ont nulle part où aller ou qu’ils détiennent des papiers prouvant leur droit de propriété.



Certains ont quitté le cimetière de Kinsuka après la destruction de leur maison. D'autres restent, disant qu'ils n'ont nulle part où aller... RFI/Habibou Bangré
Certains ont quitté le cimetière de Kinsuka après la destruction de leur maison. D'autres restent, disant qu'ils n'ont nulle part où aller... RFI/Habibou Bangré

Le cimetière de Kinsuka ressemble à une zone de guerre. Des militaires ont détruit en juin et juillet des dizaines de maisons construites dans le cimetière, situé dans le quartier de Kinsuka, dans le sud de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.

Therèse, 57 ans, se tient devant les ruines de sa maison, détruite pour la sixième fois depuis qu’elle s’est installée il y a cinq ans. « Nous sommes dehors. Je n’ai plus de maison », confie-t-elle, chaudement habillée pour se protéger du vent froid de la saison sèche.

Le cimetière de Kinsuka a été construit en 1978 et des milliers de personnes y vivaient avant l’arrivée des soldats, selon Jean-Pierre, un employé chargé de la collecte des taxes d’enterrement. Il ne sait pas quand les installations ont commencé mais dénonce ce phénomène qui dure depuis « des années ».

Kinsuka n’est pas une exception en RDC. Dans d’autres cimetières de Kinshasa et des provinces comme le Bas-Congo (Ouest) ou la Province-Orientale (Nord-Est), il arrive que des civils – ainsi que des policiers et des militaires peu payés – vivent parmi les morts.

A Kinsuka, les soldats sont venus avec des tracteurs pour détruire des dizaines de maisons où vivaient parfois jusqu’à douze enfants. Ils ont également démoli au moins deux écoles, deux centres de santé, et abattu des poteaux électriques et des arbres fruitiers.

Ils ont dit avoir reçu des ordres du « chef de l’Etat », Joseph Kabila, mais ont épargné des habitations après que les propriétaires les ont payé, racontent des sans-abri. En outre, ont-ils accusé, des militaires ont frappé des gens, procédé à des arrestations et empêché quiconque de filmer les destructions.

Après ces opérations de démolition, certains ont quitté le cimetière, emportant avec eux les briques intactes pour s’assurer que « personne ne les vole ». A l’inverse, beaucoup sont restés et, n’ayant plus de quoi construire un abri de fortune, dorment à la belle étoile.

Source : Rfi.fr
 



Samedi 26 Juillet 2014 - 02:22



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