Kinshasa laisse au médiateur ougandais la synthèse des discussions avec le M23

A Kampala, les négociations entre le gouvernement congolais et le M23 n'avancent pas. Les débats ont commencé il y a deux mois, et la délégation de Kinshasa s'en remet maintenant au médiateur ougandais pour établir des conclusions. Les rebelles, eux, considèrent que leurs revendications n'ont pas été entendues et menacent de reprendre leurs actions dans l'est de la République démocratique du Congo.



Le chef de la délégation du M23 à Kampala, François Rucogoza (g),le 8 janvier 2013. REUTERS/James Akena
Le chef de la délégation du M23 à Kampala, François Rucogoza (g),le 8 janvier 2013. REUTERS/James Akena
Mission accomplie, dit-on, dans la délégation de Kinshasa dont certains membres sont déjà sur le départ. On estime avoir respecté les consignes données par les chefs d’Etat des Grands Lacs. C'est au médiateur ougandais de faire la synthèse, dit le député Oscar Nsamane : « Les rebelles ont présenté leurs revendications, leur cahier des charges ; le gouvernement a répliqué. Partant de là, le facilitateur va prendre le point de vue des rebelles comparé au point de vue du gouvernement pour en tirer les conclusions ».

Au M23, on n’a pas du tout la même analyse. Stanislas Baléké, membre de la délégation déclare : « Ils n’ont fait que renvoyer la balle du côté du médiateur. On va retrouver le médiateur qui est en train de faire des conclusions pour des Congolais ! Mais ce n’est pas possible ! ». Et le M23 avertit : « Si le gouvernement de Kinshasa estime que ses revendications ne sont pas légitimes , alors le gouvernement donne l’autorisation au M23 de reprendre Goma, Bukavu, et partout ailleurs ».

Deux mois après le début des échanges de Kampala, le ciel reste toujours à l’orage dans l’est du Congo.

Les raisons de l’annulation de l’accord régional sur la RDC

Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour

Un accord régional sur la paix en RDC devait être signé à Addis Abeba, la semaine dernière, mais l’accord a échoué en dernière minute sans que l’on sache vraiment pourquoi alors que le secrétaire général de l’ONU était sur place pour la signature. Le Conseil de sécurité a demandé le 5 février des explications sur ce cafouillage.

Officiellement, il n’y a aucun problème. L’accord sur la RDC est toujours sur les rails. Susana Malcorra, la chef de cabinet de Ban Ki-moon qui a mené les négociations a assuré devant le Conseil de sécurité que l’échec de la signature était du à un simple problème de procédure. Un malentendu diplomatique avec le Mozambique. L’explication n’a pas entièrement convaincu mais l’accord devrait être signé d’ici la fin du mois. Trois pays s’y sont ajoutés : le Sud-Soudan, la République centrafricaine et la Zambie.

Cet accord de paix est loin d’être le premier sur la RDC. Cette fois, l’ONU veut un suivi régulier et des objectifs précis. Un envoyé spécial sera nommé pour rappeler tous les signataires à leurs engagements.

Reste la question de la nouvelle brigade d’intervention. Une force spéciale de 2.500 hommes qui pourra agir de manière autonome contre les groupes armés en RDC. Le Conseil de sécurité n’a pas soulevé d’objections. Tout le monde s’accorde sur le fait qu’il est temps de renforcer le mandat des casques bleus et de changer de stratégie en RDC.
Source: RFI

Dépêche

Mercredi 6 Février 2013 - 11:47


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