L’Algérie serait le pays le plus heureux d’Afrique. Vraiment ?

Selon un rapport réalisé par un panel d'expert sous l'égide de l'ONU et publié mercredi, l'Algérie serait le pays africain le plus heureux et le Burundi, le plus malheureux. Explications.



L’Algérie serait le pays le plus heureux d’Afrique. Vraiment ?
Un rapport publié mercredi 16 mars établit un classement mondial des pays en fonction du bonheur. L’enquête a été conduite par un réseau de scientifiques, sous l’égide de l’ONU dans la perspective de l’achèvement des objectifs de développement durable d’ici 2030.
 
Dans cette 4e édition du rapport mondial sur le bonheur, on apprend que l’Algérie est le pays africain le plus heureux avec une note de 6,3 sur 10 qui la place en 38e position mondiale. En revanche, le Burundi, plongé dans une profonde crise politique depuis avril 2015, arrive dernier du classement qui évalue 157 pays dans le monde.

Parmi les 10 pays du monde les plus malheureux selon ce classement, huit se situent en Afrique subsaharienne, le Bénin, le Rwanda, la Guinée, le Liberia, la Tanzanie et Madagascar (juste derrière le Yémen) outre ceux déjà cités.
 
La Somalie occupe de façon surprenante la 4e place du classement africain, loin devant l’Afrique de l’Ouest qui figure en queue de peloton – Sénégal (128e), Gabon (134e), Mali (135e), Burkina (145e), Bénin (153e).
 
Et la Libye fait figure de troisième pays africain le plus heureux, avec une large avance par exemple, sur le Maroc et la Tunisie reléguée à la 90e et 98e place.
 
Des chiffres à prendre avec (beaucoup) de pincettes

«Ces moyennes sont très relatives et leur comparaison d’un pays à l’autre est audacieuse. On ne mesure pas des watts ou des kilos, il ne s’agit pas d’une échelle absolue », explique laudia Senik, professeure d’économie à l’université Paris-Sorbonne et à la Paris School of Economics, auteure de L’économie du bonheur (2014).
 
Afin de réaliser ce classement, six « facteurs de bonheur » ont été pris en compte comme le revenu par habitant, l’espérance de vie,  les subventions sociales, la corruption et la confiance dans les institutions, la liberté de choix ou encore la générosité. Éléments objectifs auxquels s’ajoutent les sondages Gallup, enquêtes conduites dans chaque pays depuis 2005 auprès d’un échantillon représentatif de la population d’environ 1000 à 1500 individus.
 
« Même si chaque individu interrogé ne vit pas en vase clôt, quand il répond à des questions sur le monde possible qui s’offre à lui sur une échelle de 1 à 10, il répond pour lui-même en fonction du contexte de son pays et non en fonction de ce qui se passe ailleurs », estime Claudia Senik insistant sur l’importance de prendre ces chiffres avec « des pincettes ». 

Khadim FALL

Vendredi 18 Mars 2016 - 14:13



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