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L'Espagne retient son souffle : La Catalogne attend les résultats du référendum



L'intervention musclée de la police espagnole n'a pas empêché le référendum d'avoir lieu. Les Catalans ont bravé les charges des forces de l'ordre pour aller voter. En attendant les résultats du très controversé scrutin de ce dimanche, c'est toute l'Espagne qui retient son souffle.

Selon plusieurs sondages, il est probable que le "oui" à l'indépendance l'emporte. Une très forte mobilisation des plus de 40% de Catalans favorables à une sécession est attendue. A l'inverse, les partisans du "non" boycottent le scrutin. Dès lors, plusieurs scénarios sont possibles.

Première hypothèse. Le gouvernement catalan proclame l'indépendance de la Catalogne. Pour Rafael Arenas Garcia, professeur de droit à l'Université autonome de Barcelone, joint par l'AFP, cette éventualité contraindrait Madrid à réagir. Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, pourrait appliquer l'article 155 de la Constitution qui l'autorise à suspendre l'autonomie de la Catalogne et prendre le contrôle de sa police. Il pourrait aussi arrêter des dirigeants catalans, tel le président Carles Puigdemont.

Mais l'image de ces personnalités encadrées de policiers risquerait de faire le tour du monde et donnerait aux indépendantistes l'occasion de "passer de la logique de l'indépendance à celle de la défense de la démocratie contre un Etat répressif", assure Gabriel Colome, professeur de sciences politiques à l'Université autonome de Barcelone, contacté par l'AFP.

Deuxième hypothèse. Les dirigeants catalans ne déclarent pas l'indépendance, mais cherchent à tirer profit du résultat via une mobilisation massive dans toute la Catalogne, envisage Gabriel Colome. Une grève prolongée pourrait faire du tort à l'économie espagnole. Des manifestations et des émeutes seraient possibles. Forts de cette action populaire, les indépendantistes "tenteraient de négocier" sur les questions d'autonomie et de financement de la Catalogne, explique le politologue.

Troisième hypothèse. L'indépendance n'est pas proclamée, mais le Parlement catalan est dissous pour organiser de nouvelles élections régionales. Les indépendantistes pourraient alors capitaliser sur les effets de la crise provoquée par l'organisation du référendum et obtenir une plus forte majorité au Parlement régional. Objectif : poursuivre leur lutte pour l'indépendance. D'autant que "leur bras de fer reste dans un cadre qui se veut légal, institutionnel et non violent", note Jean-Jacques Kourliandsky, spécialiste des questions ibériques à l’Iris, dans Le Monde. Par conséquent, "la seule manière de faire baisser les tensions est donc l’ouverture d’un dialogue sans conditions".
Avec Franceinfo
 

AYOBA FAYE

Dimanche 1 Octobre 2017 - 20:15



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