«L’Etat a tenu des discours mais aujourd’hui nous attendons des actes forts», (Ordre des pharmaciens)



«Depuis 72 à 96 heures, l’absence de délivrance de médicaments pendant les gardes de nuit est de mise. Au niveau des régions, du Nord au Sud et au Centre, nous avons eu 100 %. A Dakar, sur 500 pharmacies, quatre (4) ont ouvert», l’Ordre des pharmaciens fait ainsi le bilan de son plan d’action que ces professionnels de la santé ont décidé de déroulé après le double meurtre d’agents de la pharmacie Yélitaré à Ndioum.

S’agissant des pharmaciens qui n’ont pas suivi le plan d’action, Dr Mouhamadou Sow évite le mot «défaillants».

«Ce sont des pharmacies qui ont pris la décision à ouvrir, on ne peut pas les obliger à fermer mais toujours est-il qu’aujourd’hui les événements qu’on a vécus obligent tout chacun à prendre l’ampleur et la gravité du problème. Au niveau de l’Ordre des pharmaciens, on ne va pas parler de défaillants parce qu’à un moment donné il peut y avoir des erreurs d’appréciations. Aujourd’hui, on a atteint le summum de la gravité. En matière d’échelle de la gravité, s’il y a perte en vie humaine, c’est le niveau le plus élevé», dit le Trésorier de l’Ordre.  
 
Invité du 20 heures de la Tfm, ce dernier de rappeler: «En 2009, on avait vécu la même situation. Il y avait eu un mort au niveau de la pharmacie actuelle (Canal 4 à Fass). On avait baissé les rideaux pendant une demi-journée et il y a eu 100 % de réussite. Aujourd’hui, c’est la même chose et ce que nous regrettons, c’est de ne pas pouvoir accompagner les patients qui n’ont pas pu avoir de médicaments».

D’après les dernières informations que nous avons eues sur le drame survenu à Ndioum dans la nuit du 6 au 7 novembre, dit-il: «Les meurtriers courent toujours et l’affaire a été confiée à la Brigade régionale pour aller beaucoup plus vite et nous espérons que dans les plus brefs délais, que ces criminels seront arrêtés».  
 
«En termes de sécurité, nous pharmaciens sommes des gens responsables. C’est la deuxième fois que nous protestons et c’est toujours à la suite de meurtre. Ce que nous demandons, c’est très clair et très facile pour un Etat, nous demandons deux (2) choses. La première, c’est qu’il y ait des rondes autour des pharmacies en garde de nuit. Nous avons délivré les plannings des gardes dans chaque commune du Sénégal, au niveau de la police et de la gendarmerie donc ils ont l’information. Deuxièmement, qu’on ait un numéro de téléphone pour que les agents qui sont attaqués puissent appeler la police, la gendarmerie…», sert Dr Mouhamadou Sow.

Et de marteler: «On a parlé d’une cinquantaine d’attaques depuis 2005 mais ces chiffres concernent des plaintes déposées à la police et de la gendarmerie. Selon des études que nous avons faites, aujourd’hui on estime qu’à chaque semestre, il y a une attaque sur toute l’étendue du territoire. De Saint-Louis à Ziguinchor, de Dakar à Podor, partout les malfaiteurs ont ciblé et pillé les officines. Le résultat de ces pillages, de ces cambriolages, ce n’est rien d’autre que l’alimentation du marché parallèle que l’on appelle la vente illicite de médicaments. C’est un fléau pour la santé publique».  

Sur ce point, l’Ordre des pharmaciens ne badine pas : «L’Etat a tenu des discours mais aujourd’hui nous attendons des actes, des actes forts. Derrière, il y a des réseaux obscurs d’approvisionnement, nous connaissons le marché, qu’est qui reste à faire, c’est fermer de façon claire tous ses dépôts et que ces personnes soient punies par la Justice».

En termes de sanctions, Dr Mouhamadou Sow indique que «la sanction pécuniaire est de 20.000 à 200.000 F CFA, ce qui est insignifiant. Si vous avez une marchandise d’un (1) milliard, 200.000 F CFA, c’est rien du tout». 


Vendredi 11 Novembre 2016 - 21:05



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