L’Etat du Sénégal déshabille ses agences d’exécution pour habiller le PNUD



Le Président de la République du Sénégal, Monsieur Macky Sall a décidé récemment de confier au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) l’exécution d’un programme financé sur fonds propres, à hauteur de 113 milliards de FCFA. Il s’agit du Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC), lancé le mardi 7 juillet 2015, à Diamniadio (27 km à l’est de Dakar).

 
En acceptant de jouer le rôle d’organe d’exécution d’un programme entièrement financé par l’Etat du Sénégal, le PNUD se met en porte-à-faux avec ce que nous attendons de lui. Jusqu’à plus ample informé, son rôle consiste à mobiliser des fonds à mettre à la disposition des Etats sous-développés et à assurer un accompagnement technique dans les efforts de développement de ces derniers. Au lieu de se limiter à cela, cette institution coordinatrice du Système des Nations Unies au Sénégal marche sur les platebandes de tous les partenaires au développement, en réalisant avec des ressources directes de l’Etat des pistes rurales, des infrastructures d’accès à l’eau potable, l’électrification rurale, l’allégement des tâches des femmes, la promotion des activités économiques des femmes, etc.

 
Or, pour chacun de ces secteurs, l’Etat du Sénégal dispose d’organes exécutifs rompus à la tâche. Il s’agit de l’AGEROUTES, la Direction de l’Hydraulique rurale, l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), les démembrements du ministère en charge de la Famille, les Organisations Non Gouvernementales d’Appui au Développement (ONG), etc.
 
La rupture des paradigmes serait donc dans la définition d’une politique nationale cohérente de mobilisation des acteurs pour booster le développement du pays avec un choix raisonnable d’opérateurs selon les compétences et la vocation avec peu de ressources financières.
 
Ladite rupture serait aussi l’évaluation critique des actions des partenaires du Sénégal et leur incitation à mettre véritablement à notre disposition les moyens identifiés et sollicités par l’Etat  pour lutter contre la pauvreté dans notre pays. L’accès du PNUD aux fonds du PUDC devrait procéder d’une évaluation approfondie des activités de cette institution durant les dix (10) dernières années au Sénégal. Cela pourrait édifier les Sénégalais sur le comportement des partenaires de notre pays dans l’appui au développement de nos communautés et lui faire gagner ce rang exceptionnel d’agent de mise en œuvre des activités du PUDC au Sénégal.
 
En conséquence, nous sommes sceptiques quant à l’efficience du choix de « l’agent exécutif » du PUDC qui dispose d’un opérateur qui investit un terrain communautaire qui n’a rien à voir avec son « profil » et ses capacités techniques. Là où les acteurs « traditionnels » du développement communautaire ont fait leur preuve avec des moyens exceptionnels, le PNUD peut bien voir du feu. C’est la raison pour laquelle nous invitons le PNUD à satisfaire ses engagements à tout prix. Dans un an, les acteurs se mobiliseront certainement pour évaluer la mise en œuvre du PUDC dont l’essence est au bénéfice du peuple sénégalais en dernière analyse.
 
Désormais dans notre pays, les ONG comptent un concurrent de haut niveau dans le secteur du développement communautaire qui s’appelle le PNUD. Admettons que l’Administrateur du PNUD  à New York s’approprie ce mécanisme spécial de fundrising pour les autres pays du monde en développement.
 
 
Pour le CONGAD,
Le Président du Conseil d’administration
Amacodou DIOUF


Jeudi 9 Juillet 2015 - 00:16



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