L'Italie et l'UE vont financer les camps de migrants libyens

L'Italie et l'Union européenne vont contribuer au financement des camps de Libye où sont retenus les candidats à la traversée de la Méditerranée, en vertu d'un accord conclu avec Tripoli, dans le cadre de la lutte contre l'immigration clandestine.



Le texte a été signé jeudi par le président du Conseil italien Paolo Gentiloni et le Premier ministre libyen Fayez Seraj.
 
Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, réunis vendredi à Malte pour une réunion informelle consacrée à la crise migratoire, l'ont entériné, bien que l'Agence de l'Onu pour les réfugiés (HCR) soit hostile au maintien de ces camps où les conditions de vie sont, selon elle, inhumaines.
 
Les migrants y seront hébergés "jusqu'à leur expulsion ou leur retour volontaire dans leur pays d'origine" et leur gestion relèvera du ministère libyen de l'Intérieur, mais le personnel sera formé par les autorités italiennes, qui fourniront par ailleurs des médicaments et du matériel médical, disent les auteurs du texte.
 
Rome y promet par ailleurs de soutenir fermement le gouvernement d'union nationale dirigé par Seraj, ainsi que les "institutions militaires et de sécurité" qui en dépendent.
 
Ce gouvernement formé sous l'égide de l'Onu, dont la légitimité est toujours contestée, ne parvient pas à restaurer l'autorité de l'Etat et le chaos qui continue à régner six ans après le renversement de Mouammar Kadhafi fait les affaires des passeurs.
 
La traversée vers l'Italie au départ de la Libye, que 181.000 migrants ont effectuée l'an dernier, un record, est devenue la première voie migratoire vers l'UE.
 
Selon un rapport de l'Onu publié en décembre, les camps libyens sont le théâtre de toutes sortes d'exactions, telles que la détention arbitraire, le travail forcé, les viols et la torture.
 
"Conserver des camps en Libye, c'est maintenir les migrants dans des conditions inhumaines et les mettre encore plus en danger", a déploré Carlotta Sami, porte-parole du HCR, interrogée par Reuters.
 
"L'Union européenne et ses Etats membres doivent se rendre à l'évidence. La Libye n'est pas un pays sûr. On ne peut en aucun cas considérer cela comme une approche humaine du phénomène migratoire", a renchéri Arjan Hehenkamp, de Médecins sans frontières.
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Yahoo.fr

Vendredi 3 Février 2017 - 12:27



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