L’UMS après la sortie des avocats d’Aïda Diongue: « Si le Procureur de la République était sous les ordres du Premier ministre… »




Le président de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS) dans tous ses états. « Je voudrais faire deux (2) précisions, j’ai attendu un des avocats de Mme Diongue dire que l’UMS avait condamné la sortie du Procureur de la République. Ce n’est pas le cas. Je m’inscris en faux. Ni moi ni aucun membre du bureau exécutif de l’UMS ne sait prononcer sur cette affaire », rectifie Abdoul Aziz Seck qui poursuit.
 
« J’ai également entendu un autre des avocats de Mme Diongue dire que le Procureur de la République était sous les ordres du premier ministre. Là aussi, je crois qu’il faut éclairer la lanterne de l’opinion pour dire que le Procureur de la République est sous les ordres du Procureur général d’abord qui lui est sous les ordres du ministre de la Justice. Mais il n’y a aucun lien organique entre le Procureur de la République et le premier ministre. Et ceci, en aucune manière le Procureur de la République ne saurait recevoir des instructions du premier ministre. S’il le faisait, il violerait vraiment les principes les plus élémentaires de sa profession ». Le magistrat se dit étonné, se prononce sur le fameux secret de l’instruction que le Procureur Serigne Bassirou Gueye aurait allégrement violé à travers sa sortie dans le cadre de l’affaire du plan Jaxaay.


« Il faudrait d’abord savoir qu’est- ce que c’est le secret de l’instruction. Quand on parle de cela, ce sont les éléments de l’enquête qui ne doivent être ni publiés, ni communiqués au tiers. Et en cela, il y a deux (2) raisons principales : La première, c’est qu’il ne faut pas gêner l’enquête et la seconde qui est peut être la plus fondamentale, c’est qu’il faut éviter de porter atteinte à la réputation de la personne qui est mise en cause qui est présumée innocente jusqu’à ce qu’une décision définitive dise le contraire. Pour dire que le Procureur a ou non violé le secret de l’information, il faudrait savoir ce qu’il y a dans le dossier…Il y a nécessité de concilier ce principe de secret de l’instruction avec l’autre nécessité qui est celle d’informer les citoyens. Les citoyens sont en devoir de savoir ce que fait la justice maintenant sans que le Procureur de la République n’entre dans les détails…Le Procureur se limite à dire les faits et qu’il n’entre pas dans les détails. Serigne Bassirou Gueye n’avait pas besoin de donner certains détails… », explique Abdoul Aziz Seck qui tout en invitant à la « sérénité », ne manque pas de préciser qu’en cas de plainte contre lui, le Procureur de la République en tant que magistrat, « c’est ce qu’on appelle un privilège de juridiction. Les magistrats ne peuvent pas être attraits devant n’importe quel tribunal. D’abord, il faudra établir que le magistrat a commis une infraction ensuite, il va falloir aller saisir le Procureur général de la Cour suprême qui va instruire le dossier et puis éventuellement saisir la juridiction compétente ».


Ce qu’il n’espère pas mais que compte faire la défense d’Aïda Ndiongue qui autour de l’ancien premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye qui a annoncé cette décision pas plus tard qu’hier lundi en conférence de presse. Trois (3) jours seulement après celle du Procureur de la République, Serigne Bassirou Gueye qui parle de pas moins de 47,675 milliards entre bijoux et sommes d’argent découverts dans les coffres de la responsable libérale dans les liens de la détention à la prison du Camp pénal depuis le 17 décembre dernier dans le cadre du fumeux dossier du plan Jaxaay. 


Mardi 21 Janvier 2014 - 15:52



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