L’Ukraine au centre de la visite d’Angela Merkel aux Etats-Unis

La chancelière allemande Angela Merkel est ce jeudi 1er mai à Washington pour une visite de 24 heures. Au centre de ce déplacement figure une rencontre avec Barack Obama. Et la crise en Ukraine jouera un rôle central, car pour Washington, Berlin est l’interlocuteur privilégié. Sauf que le passif des actions d’espionnage de la NSA contre l’Allemagne n’a pas encore été soldé.



Il y a trois ans, Angela Merkel effectuait une visite officielle à Washington et se voyait remettre en grande pompe, dans la roseraie de la Maison Blanche, la médaille de la Liberté, une distinction d’importance, surtout pour des personnalités étrangères. Après des débuts difficiles entre la chancelière et du président, la première n’ayant qu’un goût modéré pour les grands discours lyriques peu suivis d’effets, le geste devait symboliser et ancrer un peu plus une relation transatlantique essentielle pour les deux pays.

Mais les roses ont aussi des épines. Et les grandes oreilles de l'agence de renseignement NSA ont ébranlé la relation entre Washington et Berlin. Les écoutes massives des Américains, et symboliquement celle du portable de la chancelière, ont provoqué un tollé en Allemagne et la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. Berlin n’a rien obtenu de Washington hormis la promesse d’Obama que Merkel n’était plus écoutée. Et l’Allemagne a enterré l’espoir d’un accord de non espionnage entre les deux pays.

Pour le reste, les questions posées aux autorités américaines sur leurs activités sont restées largement sans réponse. La très pragmatique Angela Merkel ne veut pas jeter de l’huile sur le feu même si un geste serait sans doute bienvenu pour satisfaire ses concitoyens très déçus par leurs alliés outre-Atlantique. Le gouvernement allemand doit annoncer ce vendredi s’il satisfait la commission d’enquête parlementaire qui souhaite auditionner Edward Snowden à Berlin. D’après différentes sources, Berlin n’autorisera pas la venue du lanceur d’alertes pour ne pas heurter Washington et envenimer les relations bilatérales.

Arrondir les angles

Mais la crise en Ukraine figurera bien au centre de la visite d’Angela Merkel. Une caricature résume bien la situation. On y voit le président américain et la chancelière allemande apeurés, se tenant la main, et à l’arrière-plan, Poutine torse nu, bazooka à la main, qui vient de percer une brêche dans la pièce où se tiennent les deux dirigeants occidentaux. Obama commence à dire à Merkel : « Darling, pour cette histoire de NSA… » Mais Merkel le coupe et ajoute : « Oh mon chéri, il y a des choses plus importantes ».

Pour Washington, comme pour d’autres capitales, Berlin joue un rôle central dans la crise ukrainienne. Et ça n’est pas un hasard si l’homme le plus puissant du monde prend quatre heures - une durée plus longue qu’à l’ordinaire pour une simple visite de travail - pour recevoir la femme la plus puissante du monde. Les Etats-Unis souhaitent convaincre Angela Merkel que des sanctions plus fortes contre Moscou doivent être adoptées. Or les critères posées par l’Union européenne sont plus restrictifs, et il faut se mettre d’accord à 28 ce qui est plus laborieux qu’à Washington.


Rfi.fr

Jeudi 1 Mai 2014 - 14:55



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