L’agriculture sénégalaise décortiquée par Oumar Kassimou Dia, Pape Abdoulaye Seck, Djibo KA et Moustapha Niasse



Il y avait du beau monde, ce mardi au siège de l’Association des Ecrivains du Sénégal «Keur Birago». Ingénieur agronome, ancien ministre du Plan sous Wade, Oumar Kassimou Dia dédicaçait son ouvrage: « L’agriculture sénégalaise face aux ajustements structurels ». L’ancien Directeur Général de la SAED (Société nationale d’aménagement et d’exploitation des terres du delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé) par ailleurs ancien Directeur de Cabinet du Premier ministre sous Diouf, Habib Thiam avait à sa gauche, Djibo Leyti KA, Directeur de cabinet sous Senghor, ancien ministre sous Diouf et Wade. Et à sa droite, le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse qui présidait la cérémonie.


Le ministre de l’Agriculture, Pape Abdoulaye Seck était aussi de la partie.  L’ancien président de l’Assemblée nationale, Abdou Khadre Cissokho, des anciens ministres à l’instar de Yéro Deh, Khalidou Diallo, Sangué Mballo et Aliou Dia des Forces paysannes, entre autres personnalités, ont répondu présents. Séduit, Pape Abdoulaye Seck parle d’ «une boussole non pipée pour que les effets non attendus agricoles ne l’emportent sur les effets attendus ». Selon la tutelle, «l’auteur a réussi une opération chirurgicale difficile grâce à une étiologie des maux de notre agriculture… ». Et à ce propos, indique le ministre, «le gouvernement plaide pour un actionnariat rural ». Un vocable qui selon lui, sous-entend «une mise en synergie de tous les efforts, les moyens pour que l’agriculture de demain soit meilleure que l’agriculture d’aujourd’hui ». 


«Lorsqu’il a commencé de rédiger cet ouvrage, il m’a parlé de l’idée. Quand il était au milieu de son travail, il est venu m’en parler… », campe pour sa part, Moustapha Niasse. Le patron de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP) d’indiquer que «dans les trois parties essentielles de cet ouvrage, la partie centrale qui est la clé de voûte, c’est la question de l’eau ». Ce, pour ce dernier de dire que «sans eau, il n’y a pas de vie… ». «Le litre d’eau venant de Bakel était plus cher que le litre d’Evian importé de France, c’est pourquoi le Sénégal ne pouvait pas produire de l’eau venant de Bakel pour arroser les terres neuves de Kaffrine… », explique-t-il par ailleurs en précisant que l’auteur «confirme aujourd’hui qu’il n’y a pas de développement sans eau or le sous-sol sénégalais recèle de quantités immenses et infinies d’eau ».


La question étant, conclut Moustapha Niasse: « d’aller chercher cet eau ». Le président de l’Assemblée nationale n’a pas manqué d’interpeller la tutelle, Papa Abdoulaye Seck. «Monsieur le ministre, la question est d’aller chercher cet eau », lance-t-il.
Après avoir manifesté sa joie sur le nombre impressionnant de ministres et d’anciens ministres, des «agronomes d’élite qui auraient pu écrire mieux que lui », selon les propres termes d’Oumar Kassimou Dia, ce dernier développe: «Aujourd’hui, nous avons un potentiel extraordinaire parce qu’aucun pays au monde ne pouvait se développer sans s’appuyer d’abord sur son agriculture. Nous avons une chance au Sénégal ».


Mais « qui parle d’agriculture, doit d’abord parler de l’eau qui est une condition sine qua none; le sol et le soleil, nous en avons…J’ai énuméré tout le potentiel en eau que le Sénégal a. Nous avons le grand fleuve, les nappes souterraines,… », sert l’auteur qui va plus loin. «En plus, nous avons une variété de sols, ce qui fait que j’ai coupé le Sénégal en sept (7) zones agro-écologiques, chaque zone a ses potentialités, ses capacités propres,…», dit-il. Selon lui, «il faut que tous les éléments soient réunis pour développer l’agriculture » et «ce potentiel, on a essayé de le mettre en valeur mais cela a été bloqué parce qu’en 1970, il a eu la sécheresse et en 1973, c’était dur».


Oumar Kassimou Dia de poursuivre : «Le ministre du Développement rural, Adrien Senghor a joué un rôle exceptionnel en convoquant tous les ingénieurs agronomes en leur disant de faire une politique agricole pour le développement de notre pays ». «C’est ainsi qu’en 1974 », détaille l’auteur : «tous les agronomes du Sénégal se sont réunis pour faire une politique réelle de l’agriculture ». Le Sénégal a été ainsi découpé en «zones agro-écologiques confiées à des sociétés régionales de développement  pour six (6) régions » avec la création de la SODEFITEX, les Niayes, entre autres.


«Le mal», regrette l’ancien ministre du Plan, «est venu des bailleurs de fonds qui ont imposé la nouvelle politique agricole avec des ajustements ». « Ils ont commencé l’étude en 1984 et en 1986, on a appliqué cela. C’est la destruction totale de l’économie », accuse-t-il. 


Mercredi 17 Juin 2015 - 01:16



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter