L'an 3 du président Macky Sall au pouvoir: les Sénégalais sont très partagés



Quelques Sénégalais jugent la gestion du président Sall après trois (3) ans d’exercice du pouvoir. Au micro de Pressafrik.com, les avis sont pour le moins partagés. Sans doute frais dans leurs mémoires, chacun y va de son commentaire sur la condamnation à six (6) ans de prison de Karim Wade par la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI). D’avis que « dans tout travail, il y a toujours des actes positifs et des actes négatifs », Dominique Faye dresse un bilan rassurant. Car dit-il : «Rien ne peut être parfait en trois (3) ans ». Ce, d’autant plus renchérit-il que :


«Gérer un pays est difficile ». Mais selon lui : «En trois (3) ans, on peut reconnaître qu’il (président Sall) a beaucoup fait». « Au-delà de l’aspect politique, il faut que les gens parviennent à relativiser…Dans tous les pays du monde, il y a des problèmes. Nous sommes un petit pays avec peu de ressources, si on parvient tant bien que mal à gérer les finances publiques, à payer les fonctionnaires ; qu’il n’y est pas de retard de salaire dans certains secteurs, on peut s’estimer heureux », ajoute ce dernier qui invite «les Sénégalais à prendre leur destin en main au lieu de compter sur l’Etat pour travailler».


Parlant de l’affaire Karim Wade, Dominique Faye pense qu’il y a deux (2) aspects dans ce dossier. «Les tenants et les aboutissants de ce dossier, nous ne les maîtrisons pas. Les gens peuvent spéculer d’un côté comme de l’autre, l’essentiel c’est qu’on s’en réfère à notre justice », clôt-il.

Pour sa part,  professeur de Technique et membre du SAES (Syndicat Autonome des Enseignants du Supérieur), Pr. Sène tire le bilan, secteur par secteur. Il commence par l’Education, «lequel secteur, il connaît mieux », entame-t-il pour parler de « trop d’insuffisances ».

« Pour le secteur de l’éducation, lequel secteur je connais mieux, il y a trop d’insuffisances parce que le gouvernement de Macky Sall qui avait dit à l’entame des négociations avec les organisations syndicales qu’il allait signer des accords réalistes et réalisables, j’ai cité le ministre de la Fonction publique, M. Mansour SY mais aujourd’hui trois (3) ans après, tout le système éducatif est bouleversé, de l’élémentaire jusqu’au moyen secondaire ». Selon Pr Sène, ce n’est «parce qu’il n’y a pas de nouvelles revendications » mais « c’est le non-respect des protocoles d’accords que le syndicat a signé avec le gouvernement Sénégalais ». Fort de ce fait, le syndicaliste dresse un bilan négatif. Avant de s’intéresser à l’Université où dit-il:
 
 
«Tout le monde sait qu’il y a eu un conseil présidentiel après les assises universitaires. Le résultat est qu’aujourd’hui, nous avons enregistré mort d’homme à l’Université. Et en dehors de cela, nous avons cette loi cadre qui a bouleversé les universités Sénégalaises. Et qui a été à l’origine d’une longue grève au niveau de ce secteur. Donc, pour ce qui concerne ce secteur globalement de la formation et des universités, je pense que ce n’est pas un bilan dont on peut se satisfaire », poursuit-il.
 
 
C’est au tour de l’Agriculture. Sur ce point, précise le Professeur : «A chaque fois que nous parlons du secteur, nous pensons à l’arachide. Or tout le monde sait aujourd’hui que les usines de la SUNEOR qui est aussi bien à Diourbel qu’au niveau de Ziguinchor, il y a un problème qui se pose. On a même entendu le premier ministre qui n’est pas en phase avec le repreneur de SUNEOR». «En tout cas, il y a des problèmes réels dans le secteur agricole », sert ce dernier.  Avant d’ajouter qu’ «il est important pour le président Macky Sall de comprendre les revendications. «J’ai l’impression que le président n’est pas tout à fait informé par rapport à la revendication dans l’élémentaire, le moyen secondaire. Tout comme j’ai l’impression par rapport aux assises qui concernent le secteur de l’université, il n’y avait pas suffisamment d’implication pour les vrais acteurs que sont les étudiants et le corps professoral. Vous ne pouvez pas promouvoir des initiatives nouvelles, des réformes sans pour autant mettre tout le monde au même pied d’information, au diapason des décisions pour que cela puisse être accepté et partagé par tous. Pour cela, je pense qu’il y a encore une grande responsabilité de la part de l’Etat pour une meilleure compréhension entre les préoccupations, les objectifs déclinés dans le Plan Sénégal Emergent (PSE) et la réalité du terrain », scande Pr Sène qui soutient mordicus :


«Pour ce qui est du PSE, il est important de compter d’abord sur les ressources humaines de qualité, la base de tout développement », scande ce dernier qui cite les secteurs «comme le sport, la culture, le tourisme » qui selon lui « sont aux abois ».

 

Sur le dossier du fils du président sortant, Wade, Pr. Sène affirme qu’il « n’est pas convaincu par la CREI » qui a « une dose purement politique ». Dans son entendement, «le Sénégal est doté d’Institutions suffisamment compétentes pour juger les justiciable de ce pays ». Mais l’essentiel, s’inscrit-il que «ce procès serve de leçon pour en tout cas tous ceux qui sont appelés à gérer les deniers publics ».


Mieux, « la question ne doit pas s’arrêter seulement à Karim car il n’est pas le seul ministre  sous Abdoulaye Wade », préconise-t-il.

 







Mercredi 25 Mars 2015 - 17:45



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