L’ancien dictateur haïtien, Jean-Claude Duvalier, décède à 63 ans

Jean-Claude Duvalier, surnommé « Bébé Doc », est mort ce samedi 4 octobre à Port-au-Prince. Il a succombé à une crise cardiaque à l'âge de 63 ans. Après 25 ans d'exil en France, il était retourné au pays en janvier 2011, où l'attendaient de nombreuses plaintes enquêtes judiciaires pour des faits commis sous son régime.



L'ancien président haïtien Jean-Claude Duvalier lors de l'énonciation des charges contre lui par la cour d'appel de Port-au-Prince, le 28 février 2013. REUTERS/Swoan Parker
L'ancien président haïtien Jean-Claude Duvalier lors de l'énonciation des charges contre lui par la cour d'appel de Port-au-Prince, le 28 février 2013. REUTERS/Swoan Parker

« La famille nous a téléphoné ce matin pour envoyer un hélicoptère-ambulance après son malaise cardiaque, nous n'avons pas eu le temps de le transporter, on a essayé de donner des soins sur place puis a on constaté le décès », a déclaré à l'AFP, la ministre de la Santé, Florence Guillaume Duperval.

Jean-Claude Duvalier, dont les avocats soulignaient régulièrement la frêle santé, vivait retiré dans un quartier huppé des hauteurs de Port-au-Prince.

Enquête sur les crimes contre l'humanité

Il n'a que 19 ans lorsqu'il s'empare du pouvoir, à la suite du décès de son père François Duvalier. Avec le titre de président à vie, il vit dans le faste et l’opulence, laissant la majorité de la population dans la pauvreté extrême.

Durant ses quinze ans à la tête de l’Etat, il maintient le régime dictatorial instauré par son père François Duvalier. Les redoutés « tontons macoutes », la milice duvalieriste, saisissaient, oppriment alors l’opposition. Beaucoup de citoyens haïtiens sont arrêtés, torturés et tués notamment dans Fort-Dimanche, la prison politique à Port-au-Prince.

En février 1986, il s'exile en France, après un soulèvement populaire, et ne revient  en Haïti que vingt-cinq ans plus tard, le 16 janvier 2011. Depuis son retour, il a fait l’objet depoursuites judiciaires de la part de l’Etat haïtien  pour corruption vols, détournement de fonds publics. Plusieurs victimes de son régime ont porté plainte pour crime contre l’humanité. Mais Duvalier a toujours nié toute responsabilité pour les abus commis pendant qu'il était au pouvoir.

Après plusieurs refus de comparaître, il se présente pour la première fois devant la cour d'appel de Port-au-Prince en février 2013.

Sur Twitter, le président Michel Martelly a exprimé ses condoléances à la famille Duvalier en saluant, malgré les « querelles et divergences », « le départ d'un authentique fils d'Haïti ». Un commentaire qui ne va pas manquer de soulever des critiques de la part des défenseurs des droits de l'homme.


Rfi.fr

Dimanche 5 Octobre 2014 - 00:09



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