L'attaque de Sousse, l'une des plus violentes ayant frappé la Tunisie

Considérée comme l’un des attentat les plus meurtrier dans l’histoire récente de la Tunisie, l’attaque de vendredi 26 juin contre un hôtel à Sousse a été revendiqué par le groupe Etat islamique, tout comme celui du musée Bardo, le 18 mars dernier, qui avait fait 22 morts. Si la Tunisie, pionnière des printemps arabes, a achevé sa transition politique avec des élections fin 2014, la violence terroriste sur son territoire a augmenté.



L’attaque survenue vendredi 26 juin  contre l’hôtel Riu Imperial Marhaba de Port el-Kantaoui, dans les abords de Sousse, est considérée comme l’une des attaques les plus meurtrières qu’ait connu le pays, et ce alors que le bilan des victimes pourrait encore s’alourdir. A l’heure qu’il est, ils sont 38 —  dont 8 Britanniques, une Belge et un Allemand — à être tombés sous les balles d’un assaillant inconnu des services de police, un certain Seifeddine Rezgui selon les autorités, baptisé Abou Yahya al-Qayrawani dans le communiqué de l'EI, qui a revendiqué l'attaque. Parmi les victimes figure un certain nombre de touristes, belges, britanniques, français et allemands.

Des touristes qui, déjà, il y a trois mois, avaient été les cibles privilégiées des terroristes. L’attaque du 18 mars contre le musée Bardo  à Tunis avaient fait 22 morts, dont 21 étrangers. Revendiqué par le groupe Etat islamique, lui aussi, l’attentat avait mis le pays en état d’alerte maximal, en portant un coup dur au secteur vital du tourisme. Mais ce n’était malheureusement pas la première fois que la menace terroriste faisait parler d’elle en Tunisie.

Car si le groupe Etat islamique est derrière l’attaque du musée Bardo, c’est néanmoins al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui est l’organisation terroriste la mieux implantée sur le sol tunisien, via la brigade Okba Ibn Nafaa, basée dans les montagnes de la frontière avec l’Algérie et dans la région du mont Chaambi. Elle compte une soixantaine de combattants et des cellules dans toute la Tunisie, y compris en zone urbaine. Ce maquis met en déroute les autorités avec des accrochages presque tous les mois, souvent meurtriers pour les forces de l’ordre, comme en février de cette année  ou en décembre 2014.

A une époque, les autorités tunisiennes ont également dû faire face à la menace de l'organisation salafiste Ansar al-Charia, d'abord tolérée puis classée parmi les mouvements terroristes  suite à l'attaque contre l'ambassade américaine à Tunis  en 2012. Mais depuis, l'organisation semble affaiblie et ne fait plus parler d'elle dans le pays. 

Le 30 octobre 2013, à Sousse déjà, un jeune homme âgé d’une vingtaine d’années avait tenté d’accéder à l’hôtel Riadh Palms avant d’être chassé par des gardiens et de se faire exploser, sans faire de victimes. C’était alors la première fois qu’un attentat-suicide visait une zone touristique et la première action d’un kamikaze depuis le début de la révolution.

Le 28 mai le chef du gouvernement Habib Essid annonçait le lancement d'un important plan de sécurité nationale visant à combattre le terrorisme. Une stratégie dont l'objectif est de renforcer les capacités opérationnelles des forces de sécurité intérieure, de l'armée et des services de renseignement. Ces dernières semaines, sur les réseaux sociaux des comptes liés à la mouvance jihadiste avaient menacé de nouvelles attaques durant l'été. La Tunisie craignait en effet que des attentats ne soient commis à l'approche de la saison touristique.


■ La Tunisie, vivier de jihadistes

La Tunisie disait craindre des attentats à l'approche de la saison touristique et avait annoncé des mesures sécuritaires accrues. Des comptes sur les réseaux sociaux liés à la mouvance jihadiste avaient menacé de nouvelles attaques durant l'été. Le jihad n'est pas récent en Tunisie et plus récemment de très nombreux jeunes tunisiens ont rejoins ces derniers mois les rangs du groupe Etat islamique.

La Tunisie est actuellement le premier exportateur mondial de jihadistes étrangers et commence désormais à craindre leur retour. 500 sont déjà revenus du jihad. Selon les chiffres officiels, plus de 3 000 Tunisiens combattent au sein du groupe Etat islamique ou d’al-Nosra en Syrie ou en Irak. Un chiffre déjà vieux de plus d’un an mais qui fait de la Tunisie le pays le plus touché au monde par le phénomène jihadiste en proportion de sa population : 11 millions d’habitants, et en nombre de combattants.

Un chiffre auquel il faut ajouter plusieurs centaines de ressortissants également en combat en Libye, au sein de la franchise locale de l’organisation Etat islamique. Le jihad n’est pas nouveau en Tunisie. En 2001 la veille de l’attentat du 11 septembre, le commandant Massoud était tué en Afghanistan par un commando tunisien. L’Afghanistan, où des centaines de Tunisiens ont combattu les Russes et les Américains, tout comme en Irak après l’invasion américaine de 2003. Mais le mouvement a profité de l’instabilité de l’après 2011 pour se structurer, se renforcer et recruter en masse en Tunisie.

 
 

Rfi.fr

Samedi 27 Juin 2015 - 16:04



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