L'inspecteur Derrick est mort

Drame national en Allemagne: l'incarnation de l'inspecteur Derrick, Horst Tappert, est mort à 85 ans, lundi, dans une clinique de Munich. Son personnage d'enquêteur moralisateur et taciturne, qu'il a incarné pendant vingt-cinq ans, fut l'un des plus exportés de la culture télévisuelle allemande. En France, Derrick s'est imposé comme le polar incontournable de l'après-midi.



Inspecteur Derrick a été comme la série Dallas qui a tenu en haleine des famille toutes entière
Inspecteur Derrick a été comme la série Dallas qui a tenu en haleine des famille toutes entière
Lundi matin, l'information faisait la une des tabloïds allemands, qui reprenait le magazine Bunte: Horst Tappert, alias l'inspecteur Derrick, est mort à l'âge de 85 ans. Au bout de vingt-cinq saisons, sans cesse rediffusées sur les chaînes publiques françaises, on avait fini par le croire immortel. Concurrençant les plus grands "soap series" américains (Les Feux de l'amour, Amour gloire et beauté, Dallas...), la série Derrick avait réussi à s'imposer comme l'incontournable rendez-vous policier de chaque début d'après-midi de France 2. Seul l'inspecteur belge Maigret osait le remplacer de temps à autre.

Créé en 1974 en Bavière, Derrick est devenu, pendant quinze ans, la série policière la plus regardée d'Allemagne de l'Ouest. Alors abonné aux seconds rôles oubliables, Horst Tappert, dans la force de l'âge - il avait alors 51 ans -, est devenu, grâce à l'inspecteur Derrick, une star du petit écran des années 80. Accompagné de son fidèle Harry Klein - coéquipier hors pair qui finissait toujours par donner l'indice qui permettait de résoudre l'enquête de chaque épisode -, l'inspecteur charme l'Allemagne par son pacifisme à toute épreuve - le pays est alors toujours au centre de la guerre froide. Il a également réussi à s'exporter hors des frontières allemandes à partir des années 80. Près de 108 pays l'ont accueilli, parfois même en prime time (en Islande ou en Argentine par exemple...).

Le bon public

L'enquêteur a débarqué en France en 1986. Il est vite devenu le roi incontesté d'un genre télévisuel à part: la "Krimi" ou série policière allemande. Derrick a dominé les autres représentants du genre tels que Le Renard, Le Clown, Rex ou Tatort. Programmée tout d'abord en prime time sur la défunte Cinq, la série ne rencontre pas un succès immédiat. Rachetée par France Télévisions, elle est reprogrammée en début d'après-midi sur la deux. Et là, l'alchimie entre Derrick et un public demandeur de programmes non-violents fonctionne. L'inspecteur taciturne et moralisateur plaît à la tranche d'âge 60 ans et plus. Celle justement qui se trouve devant son téléviseur en début d'après-midi. En termes d'audiences, seules les rediffusions de Colombo ou des Feux de l'amour sur TF1 peuvent rivaliser avec Derrick. Les épisodes, qui passent aujourd'hui vers 13h45 sur France 3, rassemblent chaque après-midi près d'un million de téléspectateurs.

Après avoir été touché par la maladie une première fois, Horst Tappert, irremplaçable pilier de la série, est parti à la retraite en 1998. Sa santé fragile a eu raison de lui: l'acteur allemand est décédé dans une clinique de Munich ce lundi. Il laisse derrière lui 281 épisodes. Vingt-quatre années de service, pendant lesquelles il aura démasqué 282 coupables, vu 344 cadavres et laissé échapper 3 meurtriers - jamais retrouvés d'ailleurs, mais l'un des trois était en fait innocent. Au sommet de la non-violence, l'inspecteur légendaire n'aurait dégainé son arme que dix fois en vingt-cinq saisons. A vous de le vérifier...



Source: Lejdd

le jdd.fr

Lundi 15 Décembre 2008 - 17:45



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