L’opposant Gambien Sidya Bayo vers l’expulsion : les organisations des droits de l’homme menacent

Son arrestation a eu lieu vers les coups de 02 heures du matin, ce samedi. Sidya Bayo, opposant Gambien qui s’est réfugié au Sénégal se trouve au commissariat central. Il risque l’expulsion. «Certainement pas vers la Gambie», menace la société civile sénégalaise, notamment Assane Dioma Ndiaye. Joint par Pressafrik.com, le président de la Ligue Sénégalaise des Droits de l’Homme (LSDH) d’avertir l’Etat du Sénégal.



«Aujourd’hui Monseur Sidya Bayo est au niveau du Commissariat central de Dakar, il risque l’expulsion certainement pas vers la Gambie mais le gouvernement Sénégalais est aujourd’hui en voie d’expulser Sidy Bayo, principal opposant Gambien réfugié au Sénégal », regrette le droit de l’hommiste au téléphone de Pressafrik.com où Me Assane Dioma Ndiaye ne manque pas de préciser que «nous sommes dans un climat délétère et qu’il faut agir très vite ». A savoir, assène-t-il : « alerter la communauté internationale pour que des violations massives ne se produisent pas ». ceci, dans la cadre du coup d’Etat avorté chez le président Yaya Jammeh.
 

«C’est vrai qu’il a été arrêté hier à 02 heures du matin, nous sommes en train de nous concerter pour voir les voies et moyens pour éviter d’abord qu’il ne soit expulsé vers la Gambie, maintenant même s’il doit être expulsé vers des pays comme la France qui est aujourd’hui cité, il y a des formes à respecter, nous pensons qu’il fait notifier à la personne l’arrêté d’expulsion pour lui permettre éventuellement d’exercer des voies de recours, ce que nous n’avons jamais eu au Sénégal. Nous avons toujours connu des expulsions très brusques où la personne n’a pas la possibilité de se défendre et cette fois-ci, nous allons également réagir très rapidement », scande le droit de l’hommise.

 
Revenant sur l’appel lancé aux Nations Unis, le président de la LSDH d’indiquer: « Connaissant la personnalité de Yaya Jammeh, nous nous attendions à des représailles tous azimuts, une répression aveugle dès son retour à Banjul. Et nous savons que c’est quelqu’un qui est versé dans la violence. Quand il est plus ou moins victime d’un coup de cette nature et que ce coup ne réussisse pas et qu’il reprenne les rênes du pouvoir, il est évident qu’il va déployer toute une violence pour mettre à nu ceux qu’il estime être les présumés auteurs de ce coup. Donc, c’était une crainte que nous avions nourrie et cela c’est confirmé. Aujourd’hui, même les proches des présumés auteurs sont arrêtés, leurs épouses, leurs parents et il y’a des demandes d’extradition du côté de la Guinée Bissau. Alors que nous savons qu’en droit international, aucun pays ne peut extrader un être humain vers un autre pays ou cet être humain risque d’être exécuté de façon sommaire, de façon extrajudiciaire.


Compte tenu de tous ces éléments, nous avons tenu à alerter, également à mettre en garde Monsieur Yaya Jammeh contre cette vague de répression qu’il va déployer et qui risque de se retourner contre lui. Et également mettre en garde des pays comme la Guinée et éventuellement le Sénégal ». Sidya Bayo de dire que c'est lui qui a demandé à l'Armée de s'emparer du pouvoir. 


Samedi 3 Janvier 2015 - 12:15



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