LES PAYSANS, PARIAS DU SENEGAL SOUS MACKY



LES PAYSANS, PARIAS DU SENEGAL SOUS MACKY
Dans notre pays, disons le une bonne fois pour toutes, il y a le SENEGAL des laissés pour comptes. Et pourtant, sans eux, point de développement économique, point de croissance. En décidant de reconduire la même politique et de continuer à les abandonner à leur triste sort, MACKY a signé l’échec de son mandat.
 La situation économique de notre pays s’est si dégradée que plus personne ne peut fermer les yeux ou se taire par rapport à leur sort. Je veux parler des paysans.
La misère du monde paysan nous interpelle tous. Aujourd’hui, je ne puis vraiment croire que les différents gouvernements qui se sont succédé dans mon pays aient réellement décidé de faire de la question du monde rural une des premières priorités de leurs multiples plans d’action censés sortir le SENEGAL du sous développement chronique dans lequel il baigne.


Depuis ma prime jeunesse jusqu’à présent, c’est le même rituel : aux mois de mai et juin, il faut des vivres de soudure en urgence pour sauver le cheptel. En juillet  et en aout, il faut des vivres de soudure en urgence pour sauver les paysans de la malnutrition, et de la famine !
65% de la population dépendent donc structurellement de l’aide, pour survivre, alors que ce sont eux qui devaient nous nourrir, et tirer la croissance économique de notre pauvre pays !


Oui, c’est la réalité dans laquelle nous nous complaisons ; il n’y a plus de campagne arachidière, la fameuse traite qui garantissait des revenus substantiels aux paysans, et tirait l’économie des grandes bourgades du bassin arachidier. Les tailleurs, les commerçants, tout le monde y trouvait son compte. Il faut pour s’en faire une représentation concrète dénombrer tous les loumas et autres marchés hebdomadaires qui rythmaient la vie de ces contrées et ont contribué à bâtir les premières fortunes de notre pays.
Aujourd’hui donc, plus de campagne arachidière, il ne reste que celle des opérateurs semenciers qui, en amont et en aval de la chaine, sucent la masse paysanne et se sucrent sur le dos de l’Etat, au détriment des véritables bénéficiaires de tous les efforts consentis par nos pouvoirs publics, mais qui sont très mal  répartis.


Je ne puis comprendre alors  que chaque année le gouvernement bombe le torse en parlant des semences de qualité médiocre mises à dispositions des paysans par ces opérateurs véreux qui ne pensent qu’à leurs propres profits.


Pourtant, au vu de la demande mondiale très forte et qui augmente de manière exponentielle, une bonne politique agricole aurait permis non seulement d’augmenter les  surfaces cultivées avec la valorisation de spéculations à forte valeur ajoutée, et en même temps de garantir l’autosuffisance alimentaire.
L’Etat a largement les moyens de vulgariser la production des semences de qualité grâce à des organismes comme l’ISRA. Le processus de valorisation de ces productions agricoles est en place ; sinon demandons-nous à quoi servent des organismes comme  l’ITA.
Tout comme  pour la CSS, l’Etat ne doit plus continuer à maintenir à flots une pseudo industrie  dont la survie menace celle de millions de concitoyens que paradoxalement cette industrie contribue à appauvrir davantage. Et cette situation demeure, du fait de l’influence de leurs propriétaires, et de la capacité de lobbying de leurs sherpas. L’industrie des huileries doit s’adapter, et promouvoir d’autres outils de production plus adaptés et plus compétitifs.


Le rôle de l’Etat, c’est aussi de juguler la toute puissance des spéculateurs. Et, pour ce, il faut du courage politique. Ce courage doit être nourri de la volonté de mettre fin à une injustice, celle que subissent les braves masses paysannes, dignes dans le dénuement et stoïques dans la misère. Jusqu’à quand ?
Les ressources hydrauliques énormes qui se perdent en mer et menacent d’engloutir SAINT LOUIS sous les eaux peuvent alimenter à suffisance le CANAL du CAYOR, et régénérer les vallées fossiles ; de LOUGA à DIOURBEL jusqu’à KAOLACK en passant par FATICK, toute la production  maraichère et rizicole  dans ces régions pourra alors être relancée. En plus de celle des terres de la vallée du Fleuve aménagées par la SAED. Ajoutons à cela la production rizicole du SUD, le SENEGAL sera  largement autosuffisant en riz.
Ces initiatives ambitieuses sont plus porteuses de dynamiques de développement que la construction d’autoroutes destinées au seul transport de personnes.


Les infrastructures sont importantes certes, mais leur développement doit découler d’un besoin d’expansion dû à un accroissement conséquent des échanges commerciaux qui motivent leur mise en place. J’aurais pu comprendre que le pôle de consommation que constitue TOUBA soit arrivé à saturation pour pouvoir écouler toute la production locale qu’elle polarise pour justifier de la construction de l’autoroute THIES -TOUBA. Dans ce cas par exemple, une autoroute aurait été nécessaire, car les flux commerciaux et les ressources financières induites auraient pu en motiver la construction.
On le voit, il eût été plus utile  de consacrer ces financements à la mise en œuvre de projets structurants générateurs de revenus financiers conséquents pour envisager capter plus tard des ressources qui en découleraient afin de les investir dans les infrastructures de cette nature plutôt que de dépenser ces milliards qui ne rapporteront rien à personne, sinon aux signataires de ces contrats avec ces entreprises condamnées un peu partout pour corruption avérée.


Par ailleurs, personne ne peut nous informer sur la quantité d’or produite au SENEGAL, ni la destination de cet or, encore moins celle des ressources financières énormes engrangées par l’Etat du SENEGAL.
De plus, est-ce qu’une politique environnementale conséquente est mise en œuvre, pour veiller à l’impact de l’exploitation aurifère dans ces zones ? Quelles sont les retombées économiques pour les populations de cette zone ?
Autant de questions sans réponses véritables. Quant au zircon, n’en parlons pas
Le scandale de la signature par l’Etat du SENEGAL des derniers accords de pêche nous fait honte à nous autres jeunes sénégalais. Cette politique de derrière moi le désert démontre à suffisance que nos élites dirigeantes n’ont que faire du désastre socio économique dans laquelle nous autres le bas peuple nous sommes tous englués.


Il est si facile de dénoncer une situation blâmable pour se faire élire. Il est particulièrement lâche de faire pire après avoir usurpé le vote des sénégalais. Rien n’est plus vil pour un dirigeant que de mentir à son peuple, de le maintenir dans une misère ambiante, sous anesthésie alimentaire pour mieux le manipuler.
Aujourd’hui, j’ai comme l’impression que mon pays refuse le développement, car le bon sens est la chose la mieux partagée, et tout un chacun parmi nous a  des parents en brousse. La même gêne conséquente à notre impuissance à se substituer à l’ETAT pour mettre en place les conditions de leur émergence économique nous habite tous, je crois.


Régler le problème du monde paysan c’est régler le problème des marchands ambulants à DAKAR, c’est régler le problème de la macrocéphalie dont sont victimes toutes nos grandes villes, et c’est la meilleure manière de réconcilier la jeunesse de notre pays avec l’agriculture.
On ne peut pas orienter les jeunes en effet dans un métier où le sort le mieux partagé est la misère, et l’indigence structurelle…Nul ne troquerait en effet le pire des métiers qui soit  avec celui de paysan.
Dans ce contexte, il est clair que le projet de fermes agricoles et autres inventions farfelues imaginés par MACKY  en rapport avec l’agriculture sont voués à l’échec.  On ne met pas en effet la charrue avant les bœufs.


Quand le monde agricole se révoltera et dira non, la vague de leur colère n’épargnera personne.
Et nous serons tous coupables d’avoir laissé notre classe politique avoir continué à les confiner dans la brousse, dans l’obscurité, dans la faim, dans la misère, dans la pauvreté.
Ils connaissent tous cette situation. IBA DER THIAM n’a pas besoin d’aller fouiller les archives, car ces messieurs sont la mémoire vivante de notre jeune histoire, dans laquelle ils ont joué les premiers rôles. A l’endroit du monde paysan, ils ont interprété  sans doute  le pire de leur vie.
Et dire que certains d’entre eux sucent jusqu’à présent le sang de nos pauvres frères…

Cissé Kane NDAO Président de l’Alliance Démocratique pour la République A.DE.R.

Lundi 5 Mai 2014 - 13:28



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