La Banque mondiale passe en revue la situation de la pauvreté en Afrique

Cette étude exhaustive révèle que le continent compte davantage de personnes dans une situation de pauvreté extrême du fait de la croissance démographique galopante dans de nombreux pays mais aussi des conflits qui perdurent dans certains pays. Cependant l’institution financière internationale note des avancées majeures de certains pays sur plusieurs plans. Le Rapport sur la pauvreté en Afrique intitulé « Évolution de la pauvreté dans une Afrique en plein essor », a été rendu public au cours de la visite au Ghana de Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale pour commémorer la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté en compagnie de dirigeants africains et de représentants de la société civile.



La Banque mondiale passe en revue   la situation de la  pauvreté en  Afrique
Le rapport s’ouvre sur une note d’espoir

Pour ce qui est de  la pauvreté en Afrique, le rapport  souligne  dans un  premier temps que  dans de nombreux pays, les taux élevés de croissance économique enregistrés au cours de ces vingt dernières années ont fortement contribué à réduire la pauvreté et à améliorer les conditions de vie de la population dans les domaines de la santé et de l’éducation. Cette étude exhaustive relève  toutefois que le continent compte davantage de personnes dans une situation de pauvreté extrême du fait de la croissance démographique galopante dans de nombreux pays.
Le rapport constate également que la pauvreté est en net recul dans le continent car de 388 millions de pauvre  en 2012, elles  sont  aujourd’hui que prés de 347 millions  de personnes  à vivre dans l’extrême pauvreté. Une situation due au fait du fort taux de l’accroissement démographique. En effet pour  le vice-président Afrique  de la Banque mondiale  « Le coût humain de la pauvreté est bien trop élevé en Afrique ». Et selon M. Diop «  Nous devons redoubler d’efforts pour atteindre les nouveaux Objectifs de développement durable et éliminer la pauvreté extrême d’ici 2030 »
De l’avis de  Makhtar Diop, vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour l’Afrique,  l’atteinte de cet objectif  « Passe avant tout par le  développement  de  la productivité agricole puisque la grande majorité des Africains pauvres travaillent dans ce secteur. Tout en  augmentant aussi  les capacités du secteur de l’énergie pour rendre l’électricité plus accessible et fiable», a-t-il ajouté.   Les indicateurs de bien-être non monétaires s’améliorent, mais à un rythme ralenti et restent faibles.
L’étude mentionne  que  par  certains aspects, le bien-être a augmenté en Afrique entre 1995 et 2012. L’alphabétisation des adultes a augmenté de quatre points de pourcentage. L’espérance de vie à la naissance aussi, pour atteindre 6,2 ans et la malnutrition chronique chez les enfants de moins de 5 ans a baissé de 6 points de pourcentage. Le nombre de morts liés aux violences politiques a baissé ainsi que la violence conjugale et la tolérance à son égard. Les indicateurs sur la liberté d’expression et la responsabilisation des acteurs publics ont aussi légèrement augmenté. On observe enfin une évolution des mentalités vis à vis des femmes qui ont de plus en plus leur mot à dire dans la vie du foyer.
Malgré ces améliorations, il reste de nombreux progrès à faire dans ces domaines qui affichent toujours des résultats faibles par rapport au reste du monde voire même en recul.
Mais en dépit de  toutes ces difficultés, les pays  africains   ont accompli d’énormes progrès au cours de ces vingt dernières années grâce à une croissance économique sans précèdent. Les avancées de pays comme l’Éthiopie, le Ghana et le Rwanda sont impressionnantes.   
 
 
Les conflits facteurs bloquant

Bien que les années 2000 aient bénéficié d’une période de relative accalmie par rapport aux décennies précédentes, le niveau de violences a augmenté depuis 2010 et est désormais quatre fois supérieur à celui du milieu des années 90. La tolérance vis à vis de la violence conjugale (30% de la population) est toujours deux fois plus élevée que dans les autres pays en développement. En outre, chez les jeunes, la plus grande tolérance vis à vis de la violence conjugale et la faible place faite aux femmes dans la prise de décisions au sein du foyer par rapport aux femmes plus âgées  montre qu’il n’y a toujours pas eu de changement de mentalités entre les générations. L’Afrique demeure également le mauvais élève en matière de liberté d’expression et de responsabilité publique. Au-delà de ces évolutions générales, on peut  dégager quatre constats : Les États fragiles tendent à obtenir de moins bons résultats que les autres pays et viennent confirmer les conséquences désastreuses des conflits.
 
Sur la situation de la femme
L’étude de la banque mondiale montre  que l’investissement dans l’éducation des femmes est un facteur qui  améliore considérablement leurs conditions de vie mais aussi les perspectives d’avenir de leurs enfants. L’éducation des femmes peut donc réellement changer la donne en Afrique et il faut la promouvoir.  En outre l’étude remarque que la violence conjugale a baissé mais son taux demeure très élevé, car  près de 40% des femmes en couple sont victimes de violences et 46% n’ont pas leur mot à dire quant à leurs propres choix de santé. En outre, depuis 2000, le nombre d’enfants victimes du paludisme a baissé de 40% et la mortalité infantile (avant 5 ans) liée au tétanos, à la coqueluche et à la rougeole a diminué de 75%.
 
S’agissant de l’éducation des enfants
Le rapport relève également une augmentation rapide du taux de scolarisation. Au primaire, il est passé de 55% à 74% entre 1995 et 2012. Le rapport déplore toutefois le niveau extrêmement bas des élèves. Sur la même période, le taux d’alphabétisation chez les adultes n’a augmenté que de 4% comparé aux 17% enregistrés en Asie du Sud. A ce s’ajoute l’accélération des progrès en matière d’éducation des filles  qui pourrait donc changer la donne en Afrique. Et, malgré la hausse du taux de scolarisation, plus de deux adultes sur cinq ne savent ni lire ni écrire et le niveau de l’enseignement est très faible. À titre d’exemple, les trois-quarts des élèves de 6ème au Malawi et en Zambie déchiffrent les mots mais n’en comprennent pas le sens. Au regard de ces manquements la Banque mondiale  recommande Il faut donc impérativement redoubler d’efforts pour remédier à ces problèmes et renforcer le capital humain en Afrique.
Mais cette   la hausse du taux de scolarisation,  cache une autre réalité car plus de deux adultes sur cinq ne savent ni lire ni écrire et le niveau de l’enseignement est très faible. À titre d’exemple, les trois-quarts des élèves de 6ème au Malawi et en Zambie déchiffrent les mots mais n’en comprennent pas le sens. Il faut donc impérativement redoubler d’efforts pour remédier à ces problèmes et renforcer le capital humain en Afrique.  Il en est de même pour les résultats en matière de santé, on constate des progrès mais le continent continue d’afficher les pires indicateurs au monde. Près de deux enfants sur cinq souffrent de malnutrition et les campagnes de vaccination et de distribution de moustiquaires (pour prévenir le paludisme) diminuent.  
 
 Concernant la qualité de vie
La Banque mondiale  estime  que  l’espérance de vie a considérablement augmenté et les nouveau-nés vivent désormais 6 ans de plus qu’en 2000. Toutefois, l’espérance de vie dans la région est de 57 ans et demeure beaucoup trop faible par rapport à la moyenne mondiale. Plus des trois-quarts des variations de l’espérance de vie sont dus à la mortalité infantile avant cinq ans et à la prévalence du VIH/SIDA
 Les constats de l’institution financière internationale
Les habitants des pays dits riches en ressources naturelles en or, diamants, cuivre, pétrole etc… Sont davantage pénalisés en matière de développement humain que ceux des autres pays : ils vivent en moyenne dix ans de moins, ont plus de problèmes d’illettrisme, souffrent davantage de malnutrition et de violence conjugale.
 Pour ce qui est des remarques
 L’institution  financière  internationale  constate qu’en  l’état actuel  des  choses, il  est  extrêmement difficile de mesurer le bien-être humain en Afrique. Le rapport souligne qu’en 2012, seuls 25 sur les 48 pays que compte la région avaient réalisé un minimum de deux enquêtes auprès des ménages au cours de la dernière décennie pour suivre l’évolution de la pauvreté. Pour les auteurs du rapport, on ne peut pas mesurer correctement la pauvreté en termes de revenu et d’autres aspects du bien-être humain sans améliorer rapidement la rigueur, le rythme et la fiabilité des données statistiques sur le continent. Enfin, les instituts de sondages doivent absolument mettre en place des normes statistiques méthodologiques et pratiques que les États doivent soutenir et faire respecter.
 
Ce rapport constitue le premier tome du rapport sur la pauvreté en Afrique produit par la Banque mondiale, tandis que le second réfléchit aux causes de la pauvreté et à la manière de la réduire plus rapidement en Afrique.

Khadim FALL

Lundi 19 Octobre 2015 - 09:14



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