La COJER de Rufisque contre toute hypothèse de grâce pour Karim Wade



Dans le cadre de «son programme de rappel des troupes et de remobilisation des militants en vue des prochaines joutes électorales de 2017 et 2019», la Convergence des Jeunesses Républicaines (COJER) du département de Rufisque s’est réunie. Sur le point à l’ordre du jour consacré à l’actualité politique nationale et internationale, la COJER s’est épanchée sur la déclaration que le Président de la République Macky SALL a faite sur les ondes de RFI avançant l’éventualité de la libération par grâce de Karim WADE d’ici la fin de l’année.

«La traque des biens mal acquis fut une demande sociale conditionnée à l’alternance de 2012. Les Sénégalais ont été offusqués et frustrés par l’opulence et le train de vie dispendieux des barrons libéraux durant leurs 12 ans de règne et ont encouragé le déclenchement de la machine de la CREI. C’est vrai que le Président de la République conformément à l’article 47 de la Constitution a le pouvoir de grâce et qu’il y’a pas de limite aux condamnations, mais nous pensons que toute personne condamnée pour détournement de deniers publics ou enrichissement illimite ne doit pour aucune raison que ce soit bénéficier d’une grâce présidentielle encore moins d’une loi d’amnistie. Bien au contraire les délits d’enrichissement illicite et de détournement de deniers publics doivent être érigés en crime pour rendre plus sévères ses sanctions», tranchent Balla Diop et Cie.  
Pour les jeunes apéristes, «quand une personne détourne des milliards ou s’enrichie à coup de milliards sur le dos du contribuable, elle est entrain indirectement de tuer des vies, si l’on sait qu’au Sénégal des femmes meurent en bravant des kilomètres pour aller accoucher dans un poste, centre de santé ou hôpital, des accidentés meurent du fait de routes vétustes et impraticables alors que ces milliards auraient pu servir à sauver ces femmes enceintes ou éviter ces accidents macabres pour ne citer que ces exemples. Ces milliards auraient pu également servir à résorber les abris provisoires, régler les problèmes des enseignants, du secteur de la santé etc ».
 
Selon eux, «c’est plus qu’anormal dans un pays de 14 millions d’habitants, avec un budget de 3022 milliards, qu’une trentaine de personnes accapare illégalement des centaines de milliards au détriment des autres». Ce, d’autant plus que scandent-ils «ces personnes ne méritent pas de liberté provisoire, d’allégement ou de remise de peine, de grâce ou d’amnistie».
«Pour une justice équitable, distributive et jusqu’au-boutiste, nous demandons à la CREI d’épuiser avec célérité et diligence la liste des 25 personnes incriminées dans la traque des biens supposés mal acquis, que les personnes innocentes recouvrent tous leurs droits et que celles qui seront condamnées purgent l’intégralité de leurs peines et la restitution totale des biens mal acquis».

Par conséquent, la COJER Rufisque demande «solennellement au Président Macky SALL malgré sa magnanimité  de ne pas rompre ce contrat social qui le lie aux Sénégalais en écartant toute hypothèse de grâce ou d’amnistie pour des condamnés pour enrichissement illicite et  détournement de derniers publics au cas échéant, la CREI perdrait son rôle de dissuasif et n’aurait plus de raison d’être». «Par contre, nous demandons au Président Macky SALL de faire un projet de loi pour que les infractions d’enrichissement illicite et de détournement de deniers publics passent du caractère de délit à celui de crime. Parce qu’en  réalité c’est de la criminalité financière… », déclarent Balla Diop et Cie. 


Mardi 7 Juin 2016 - 13:35



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