La Guinée-Bissau à la veille du second tour de la présidentielle

Des milliers de personnes sont rassemblées sur la Place des héros et aux alentours ce soir, au centre-ville de Bissau : ce sont les derniers meetings de campagne avant le second tour de la présidentielle de dimanche. José Mário Vaz, que l’on surnomme « Jomav », candidat du PAIGC affronte Nuno Nabiam, candidat soutenu par le PRS, de feu Kumba Yala. Ces élections se tiennent deux ans après un coup d’Etat.. c’est la fin de la transition et, ce soir, les deux meetings se tiennent côte à côte.



Des supporters de Nuno Gomes Nabiam, candidat à la présidentielle, le 16 mai 2014 à Bissau. AFP PHOTO/SEYLLOU
Des supporters de Nuno Gomes Nabiam, candidat à la présidentielle, le 16 mai 2014 à Bissau. AFP PHOTO/SEYLLOU

Il y a un simple cordon policier : à droite, le meeting de Nuno Nabiam sur l’avenue Amilcar Cabral, à gauche, sur la Place des héros, celui de José Mário Vaz. Les militants se croisent et cela ne pose aucun problème.

« La Guinée-Bissau, c’est vraiment incroyable », s’étonne un observateur de la Cédéao.
« Voila un pays qui ne connaît que coups d’Etat et assassinats politiques depuis 20 ans et la campagne se déroule dans une ambiance de tolérance, sans contestations et sans la moindre tension, alors que les enjeux sont bien réels ». Et de conclure : « Bien peu de pays en Afrique, peuvent se payer ce luxe ! »

Carnaval électoral

L’ambiance est en effet à la fête… C’est le carnaval électoral, comme on dit ici. Le PAIGC, qui domine la vie politique depuis l’indépendance, a fait de ce dernier meeting une démonstration de force : « Jomav va gagner… on a déjà remporté les législatives, ce sera une double victoire pour nous dimanche », lance une militante. Un jeune renchérit : « Les militaires ont voulu barrer la route au PAIGC il y a 2 ans en faisant un coup d’Etat. Nous allons réparer l’injustice ».

A quelques dizaines de mètres de là, les partisans de Nuno Nabiam ne l’entendent pas de cette oreille : « Nabiam va renverser la tendance. Vous allez voir. 40 ans de pouvoir PAIGC, ça suffit !»

Source : Rfi.fr
 



Samedi 17 Mai 2014 - 03:53



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