La Société civile africaine dénonce les « contre-vérités » de l'UE sur le Programme de l'APE pour le développement

La Plateforme des organisations de la société civile de l’Afrique de l’Ouest sur l’Accord de Cotonou (POSCAO) a, dans une déclaration parvenue mardi à APA, dénoncé ce qu’elle appelle les « contre-vérités » avancées à propos du Programme de l’APE pour le développement (PAPED) par l’Union européenne (UE) et amplifiées par certains acteurs de la région.



« L'Union européenne laisse courir le bruit selon lequel elle fournira 6,5 milliards d'Euros par tranches de 5 ans à trois reprises, ce qui ferait à l'arrivée près de 19 milliards d'euros en 15 ans. Ce qui, dit l'UE, serait supérieur aux 15 milliards d'Euros demandés par l'Afrique de l'Ouest, oubliant que ces 15 milliards exigés par l'Afrique de l'Ouest ne concernent que les 5 premières années », affirme la POSCAO.

Selon cette plateforme, l'UE n'a jamais pris l'engagement de verser 19 milliards d'Euros en 15 ans. Elle n'a jamais dit non plus qu'elle versera cet argent dans le Fonds Régional APE pour laisser à la CEDEAO la liberté de financer les projets du PAPED avec des procédures améliorées.

« Les promesses de financement du PAPED, telles qu'elles se présentent, ne sont rien d'autre qu'une coquille vide », note encore la société civile africaine. Elle continue en se demandant ce que valent 6,5 milliards d'euros pour 16 pays représentant ensemble plus de 300 millions d'habitants.

« La société civile régionale refuse de lâcher la proie – le développement du marché régional -, pour l'ombre – une hypothétique aide européenne » renchérit la POSCAO.

Sur un autre registre, elle s'est félicité de ce que les Chefs d'Etat de la CEDEAO, lors de leur 44ème conférence ordinaire organisée les 28 et 29 mars 2014 à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire, aient refusé la fuite en avant vers l'aventure car « la conclusion de la négociation a été bâclée et d'importantes questions traitées avec une légèreté et une précipitation que rien ne justifie ».

Selon la POSCAO, les exigences illégitimes et dangereuses de l'Union européenne doivent être rejetées. Elle est d'avis que certaines questions techniques doivent faire l'objet d'une renégociation sérieuse car les concessions de l'Afrique de l'Ouest sont inappropriées et pourraient avoir des conséquences dramatiques sur l'économie régionale dans le futur.

Parmi ces questions, les plus préoccupantes sont l'offre d'accès au marché, la Clause de la nation la plus favorisée (NPF), les taxes de l'exportation et les clauses de rendez-vous.

ladepechediplomatique


Mercredi 9 Avril 2014 - 13:18



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