La Syrie et l'UE, deux dossiers qui auront suivi Hollande pendant cinq ans

A quelques jours de son départ de l'Elysée, RFI dresse le bilan de la présidence de François Hollande, et notamment de sa politique étrangère. Au Proche et au Moyen-Orient, l'action de la France dans la région a été dominée par le dossier syrien et par la lutte contre le groupe Etat islamique. Autre chantier majeur de la politique internationale du président sortant : l’Europe, où la France n’a pas vraiment brillé par son audace durant les cinq années écoulées.



La Syrie et l'UE, deux dossiers qui auront suivi Hollande pendant cinq ans
Sur le dossier syrien, François Hollande et son entourage politique ont vécu l'été 2013 comme un véritable tournant dans la crise. Après l'attaque chimique attribuée au régime de Bachar el-Assad, Paris, Washington et Londres préparent des frappes aériennes contre des cibles syriennes.

Mais la Grande Bretagne de David Cameron, puis les Etats-Unis de Barack Obama, font volte-face. Et finalement, aucun des trois pays ne fera décoller le moindre avion pour signaler au pouvoir de Damas qu'une la «ligne rouge» a été franchie lors du sordide massacre de la Ghouta.

Depuis, la France de François Hollande n'a eu de cesse de déplorer ce recul, estimant qu'il avait contribué à aggraver la crise syrienne, et à permettre la montée en puissance des jihadistes. Pour Paris, cette hésitation occidentale a aussi stimulé les ambitions internationales de la Russie au Moyen-Orient comme en Ukraine.

Autre événement qui a façonné la politique du quinquennat Hollande dans la région : les conquêtes du groupe Etat islamique en Irak et en Syrie. La France participe dès 2014 à la coalition internationale qui combat l'organisation jihadiste dans ces deux pays, mais ne commencera à bombarder en Syrie qu'un an plus tard.

Un engagement que le groupe Etat islamique n'a eu de cesse de fustiger dans les revendications des attentats commis sur le sol français ces dernières années.

L'UE, la crise financière et la crise migratoire

Sur la scène européenne, François Hollande n’a pas su donner d’impulsion significative au projet européen, mais il a quand même contribué à apaiser des tensions dont les conséquences auraient pu être très graves.

Lorsque François Hollande assiste à son premier dîner informel des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, en mai 2012, il trouve une Europe plongée dans la crise financière, hantée par le spectre d’un éclatement de la zone euro et d’une sortie de la Grèce. « Cinq ans après, (…) la zone euro est consolidée ; la Grèce va pouvoir bénéficier d’un programme », se réjouissait le président français à Bruxelles, il y a 10 jours, lors de son dernier Conseil européen.

François Hollande aura, en effet, su servir de médiateur entre l’Allemagne, qui rechignait à venir en aide à Athènes, et le Premier ministre grec Alexis Tsipras, hostile à la politique d'austérité imposée à son pays par ses créanciers. Il aura aussi été un fervent défenseur du « plan Juncker» de soutien aux investissements. Autre chantier : la relance de l'Europe de la défense, qui n’en n’est toutefois qu’à ses débuts.

Sur d’autres dossiers, l'efficacité n'a pas été au rendez-vous. Son idée de taxe sur les transactions financières a été reportée à 2017. Sa promesse de renégocier le pacte budgétaire et d’y intégrer des politiques de relance a aussi échoué. Quant à la crise des migrants, c’est l’Allemagne qui a imposé son tempo, décidant seule d’ouvrir ses frontières aux réfugiés, puis négociant l’accord avec la Turquie.

Le couple franco-allemand aura en revanche élaboré une stratégie commune vis-à-vis de la Russie, avec le format de Normandie et le processus de Minsk qui, loin d’avoir réglé la crise ukrainienne, a eu au moins pour effet d’éviter l'escalade.


RFI

Ousmane Demba Kane

Jeudi 11 Mai 2017 - 15:50



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