"La belle horreur" !



Nous y sommes allés, nous y avons gagné, nous y avons été blessés, choqués, nous y avons laissé des nôtres.
Triste finale de coupe de la ligue…
Dans la consternation, nous avons été solidaires et dignes du parrain, notre parrain et loin des nôtres.
Et pourtant, dans une confiance absolue et après plus d’un demi-siècle d’attente, nous avions l’espoir, la certitude même de ramener Dame Coupe chez notre marraine Caroline Faye.
Quelle symbole que de ressusciter un couple légendaire !
La fête avait commencé depuis longtemps dans les cœurs, les esprits, dans les rues, les plages, les grand’ places….
Hélas, les mauvais perdants ont tragiquement gâché la fête ! 
Et quelle horreur !
Le courage et la ténacité ont noyé les souffrances et la tristesse des dignes héritiers du parrain Demba Diop.
Oui , la dignité n’est ni dans le sang, ni dans le rang, elle est dans l’acte de l’instant…
Les stadistes ont été dignes.
Chaque combat, gagné ou perdu, doit donner des forces physiques et morales pour celui qui reste à venir.

Ils ont gagné le combat du jour, ils ont  perdu des leurs, ils sont demeurés encore plus forts et plus soudés car ils avaient une équipe soudée.
La nuit a été très longue et Mbour n’a pas fermé l’œil.
Mbour dans l’amertume appelle ses fils à l’unité dans la foi  et le pardon !
 La vie est complexe, elle est un éternel combat. 
Oui, il n'est pas souhaitable pour les hommes et les femmes d'avoir une vie facile. 
Oui, Mbour a encore grandi…
Oui, Mbour demeure toujours la ville martyre…

Le mbourois a toujours su arpenter les chemins de crête et a su comme toujours compter sur lui-même. Il est le caïd raisonnable et respectueux de la parole paternelle. 
Le mbourois si fier et solidaire tient bon.

Il  a pour ainsi dire, cette obligation morale de se  souvenir des événements historiques tragiques et des victimes, de faire en sorte qu'un événement de ce type ne se reproduise plus jamais.

L’enjeu de mémoire éclaire à nouveau le microcosme citoyen mbourois et, est explicité auprès de sa jeunesse encore  meurtrie par sa volonté de pardonner sans oublier.

Le  devoir de mémoire  relèvera  de son génie à la fois social et politique. 

La transcription des noms des victimes devant l’esplanade du stade Caroline Faye est un autre commencement et doit être nourrie par d’autres initiatives pour demeurer un élément de conscience historique de plus.

L’invention sociale se traduira aussi par l’idée que les victimes doivent être reconnues et obtenir des réparations judiciaires, financières, politiques dans le cadre plus général d’une reconnaissance sociale du traumatisme dont les effets ne s’estompent pas avec le temps. 

Cette conjonction d’une nouvelle lecture sociale, juridique et médicale des victimes  doit trouver dans le terme devoir de mémoire  un ancrage langagier particulièrement formatif et performatif.  

Autrement dit, nous devons tirer les leçons du drame pour guider nos actions et pour les rendre encore meilleure.

Demba Diop, le jeune député-maire, ministre de la jeunesse et des sports doit inspirer la jeunesse sur le chemin de l’excellence, le désir de justice, le rejet de la violence en politique.

Mamadou Diop, le jeune étudiant, figure emblématique du M23, symbole de la jeunesse patriotique et combative doit guider la jeunesse sur les voies du Seigneur, nourrir leur  engagement citoyen, la recherche de connaissances et la défense de la  constitution  par laquelle on programme l’impuissance des peuples.

En nous référant à ces illustres martyrs, nous combattrons, nous garderons la vaillance et l’énergie pour mieux vivre et dans la dignité.

 « L’homme est un apprenti est un apprenti et la douleur est son maître et nul ne se connait tant qu’il n'a pas souffert » avait chanté BabaMaal, pour dire que certains ont besoin de subir une série d’échecs pour développer la force et le courage pour nouer avec les succès.

Mbour a encore grandi et telles la racines du fromager, sa jeunesse fixera les souvenirs d'un passé glorieux et ensanglanté.

Nous avons combattu plus d’un demi-siècle pour la Dame coupe et nous l’avons dignement remportée dans la douleur prolongée d’un crépuscule.
Nous combattrons pour la justice qui suscite l’amour.

Nous combattrons l’injustice qui provoque la haine et nourrit la revanche.
Les souvenirs sont joies, douleurs souvent, peines parfois mais toujours expériences.
Notre combat , au sortir de ce drame du 15 juillet, sera celui des valeurs de l’amour  de la chrétienté, de la justice de l’islam et du respect qui est une valeur universelle.

« Le comportement exemplaire de la jeunesse mbouroise, loué de partout, à travers à travers les messages qui me parviennent du monde entier, nous inspire la nouvelle conscience, d’une charge, d’une responsabilité d’avoir entre nos mains , le destin d’une ville qui a préférée la dignité à la vengeance, l’exemplarité à la surenchère, l’endurance à l’incivisme, la solidarité dans le bien à la furie des foules en colère très souvent inconscientes et irresponsables » ainsi parlait Saliou Samb, président du Stade Mbour dans son discours d’hommage du 22 juillet.

Oui, il nous faut bâtir une nouvelle conscience et servir de modèle aux sénégalais.
Ce devoir ou œuvre collective nous interpelle tous. Et c’est seulement dans la confiance que nous trouverons le ciment qui fédérera tous les fils de Mbour.
Que Dieu nous guide, nous inspire et nous protège.
Que Dieu réserve le paradis à nos morts.
Nous vous serons  toujours reconnaissants.

Abdou K arim Ndiaye 
Conseiller départemental de Mbour


Lundi 31 Juillet 2017 - 15:23



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