La célébration des porteurs de pancartes vire au règlement de compte : Macky et You au banc des accusés



Marquant la commémoration de la journée du 26 août 1958 dédiée aux porteurs de pancartes, la cérémonie s’est transformée en meeting politique. Le ton a été donné par les griots et autres militants qui ont rivalisé d’acclamations et d’évocations des hauts faits des nominés et responsables politiques devant recevoir leurs distinctions.
 
Galvanisée par l’ambiance surenchère politique, Aïda Mbodj du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) a tenu à régler ses comptes avec le pouvoir après avoir reçu son diplôme. Ce, devant l’envoyée spéciale du Chef de l’Etat, Aminata Touré également nominée. «Quand vous m’avez remis la distinction, je l’ai à mon tour remise à Oumar Sarr, coordonnateur du PDS parce que cette distinction revient à mon leader Me Wade, le grand panafricain, le démocrate, celui qui a enduré ce qu’il a enduré pendant 26 ans, celui qui, parce qu’il est démocrate, a consolidé la démocratie pendant 12 ans au Sénégal», déclare l’ex-présidente du Conseil départemental de Bambey.
 
Loin d’en avoir fini, Aïda Mbodj d’embrayer : «La démocratie est un état d’esprit. Pour pouvoir être démocrate, il faut savoir faire preuve d’abnégation. C’est-à-dire avoir les moyens du pouvoir, avoir la possibilité de réprimer et de ne pas réprimer, avoir la possibilité de condamner et de ne pas condamner… ».
 
Prenant le relais, Me Aïssata Tall Sall a salué celui qu’elle considère comme son «ami et frère», Oumar Sarr et «son père», le président Wade. Ce qui lui a valu un standing-ovation de la part des partisans d’Aïda Mbodj.
 
«Nous faisons tous de la politique mais il est bon de distinguer les rencontres», répliquera Aminata Touré. Et de souligner que le président Macky Sall, depuis son accession au pouvoir, œuvre pour l’émergence du pays. Avant d’inviter la classe politique à «apprendre des porteurs de pancartes» qui «ont su mettre l’intérêt de notre pays en avant au de-là des intérêts égoïstes… ».
 
 
Au lieu des porteurs de pancartes, Cheikh Tidiane Gadio préfère parler de pancartes des porteurs dans «l’As». A l’en croire, si le message a été à l’origine de l’indépendance, le patron du MPCL est d’avis que cette indépendance n’est pas totalement acquise et la construction nationale fait toujours défaut. «Quand on ne mange pas à sa faim, quand l’éducation ne décolle pas, comment peut-on être digne ? Le peuple est fatigué, il faut se dire la vérité…», égratigne l’ancien Chef de la diplomatie sous Wade.
Nominé parmi les compagnons des porteurs de pancartes, le mouvement «Y’en a marre» sous la houlette de son coordonnateur, a transmis des doléances au président de la République par le biais de son envoyée spéciale, Aminata Touré. «On ne peut pas lutter pour la transparence et destituer quelqu’un qui œuvre pour la transparence. On ne peut pas vouloir la transparence et la paix et que la lumière sur le pétrole ne soit pas faite… », lance Fadel Barro.

Récipiendaire, Mamadou Ibra Kane, Directeur général du Groupe Futur Média (GFM), est chargé de dire à Youssou Ndour qu’il ne peut pas être ministre et gagner des marchés dans le cadre des vacances citoyennes. 


Samedi 27 Août 2016 - 10:35



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