La crise des vocations sacerdotales, est-elle arrivée dans l’Archidiocèse de Dakar ?

En 2013, la Commission diocésaine des Vocations tirait déjà la sonnette d’alarme face une baisse non seulement progressive mais aussi grandissante des séminaristes dans les maisons de formation. Elle n’avait pas tort car les chiffres sont réellement inquiétants : à l’heure actuelle l’Archidiocèse de Dakar ne compte aucun séminariste en stage pastorale dans les paroisses et seuls 53 grands séminaristes ont été enregistrés à son compte entre Sébikotane, Brin et Ndiaffate.



La crise des vocations sacerdotales, est-elle arrivée dans l’Archidiocèse de Dakar ?
Après avoir connu une seule ordination, l’Archidiocèse de Dakar restera bientôt tout une année sans célébrer une ordination sacerdotale en fin d’année pastorale. La belle époque des grands séminaires remplis de candidats au sacerdoce semble s’éloigner sans aucune promesse de retour. La baisse des entrées au Grand Séminaire n’est malheureusement pas le seul problème. Il y a aussi celui du discernement. Récemment, le Grand Séminaire Propédeutique Saint Paul de Ndiaffatte a connu des faits étonnants : des candidats au sacerdoce, après avoir librement présenté leurs demandes qui ont été acceptées, se sont désistés juste avant la rentrée tandis que d’autres sont repartis quelques jours seulement après la rentrée effective au Grand Séminaire. 
 
 
Pour l’Archevêque de Dakar, il s’agit d’un problème de discernement. « Le désir ne suffit pas, et il faut toujours mesurer sa profondeur. Il faut surtout vérifier s’il est accompagné d’un ensemble de dispositions intérieures et de conduites extérieures, qui accréditent ce désir. Leur absence doit amener à s’interroger sur la valeur de prétendues vocations », recommande-t-il.
 
La vérité des chiffres : les entrées au Grand Séminaire sont faibles
 
La Chancellerie informe que pour l’année scolaire et académique 2014-2014, l’Archidiocèse de Dakar compte un total 166 séminaristes, toutes catégories confondues, dont 84 au Petit Séminaire Saint Joseph de Ngasobil et 29 au Moyen Séminaire de Thiès, soit 68% des candidats. Au niveau des trois grands séminaires du pays, ils sont 53. Sous d’autres cieux une telle situation n’est  guère alarmante. Ici, elle inquiète. Les grands séminaires de Brin et de Sébikotane ont connu des époques bien florissantes. «Aujourd’hui, ils sont bien nombreux à frapper à la porte de Ngasobil et bien peu nombreux se présenter pour le Grand Séminaire », une déclaration assez révélatrice d’une situation regrettable. Les entrées aux grands séminaires sont faibles.
 
 
Le rapport statistique de la Chancellerie, datée du 28 octobre 2014, donne une idée précise de la répartition des grands séminaristes au niveau des doyennés de l’archidiocèse. Ceux de la Petite-Côte et du Sine présentent plus candidats que ceux de la zone urbaine (Grand-Dakar/Yoff et les Niayes). Soit un rapport de 33 sur 20. Le doyenné de Plateau-Médina est absent du tableau. Il en a seulement 3 mais au Petit Séminaire de Ngasobil. Des chiffres qui viennent confirmer ce que l’on imaginait déjà, à savoir que la Zone apostolique rurale est pourvoyeuse de nombreuses vocations à la différence de la Zone urbaine. Les vocations semblent être rares en ville. Des études spécialisées permettront sûrement d’avoir des réponses suffisantes pour expliquer un tel phénomène. Mais, en attendant, que faut-il faire ? Quelles solutions ?
 
 
Quelles réponses et quelles solutions ?
 
S’adressant aux Evêques de la Conférence épiscopale du Sénégal, de la Mauritanie, du Cap-Vert et du Sénégal, il y a quelques jours lors de leur visite Ad Limina, le Pape François déclarait dans son message : « La formation des prêtes est déterminante pour l’avenir. Vos pays connaissent des situations très différentes, mais le primat de la qualité sur la quantité reste partout nécessaire ». Des paroles consolantes qui appellent à privilégier la qualité plutôt que la quantité et à ne pas se décourager face à la situation actuelle de crise des vocations.
 
 
Elle n’exonère pas, toutefois, de cet effort commun de recherche de solutions et des réponses concrètes à apporter face à cette crise. « Tout le monde est appelé à relever les impacts et les solutions personnelles tant au niveau des jeunes et des familles qu’au sein des maisons de formation, des consacrés, de l’Eglise Catholique et du monde moderne », considère, pour sa part, la Commission diocésaine des vocations. 

 
D’ailleurs le Concile Vatican II ne dit pas autre chose dans le décret sur la formation des prêtres (Optatam totius Ecclesiae renovationem Nº 2). Il invite à porter ensemble, dans nos diocèses, les vocations sacerdotales. « Le devoir de cultiver les vocations revient à la communauté chrétienne tout entière, qui s’en acquitte avant tout par une vie pleinement chrétienne » lit-on. Le Concile cite en premier lieu les familles et les paroisses, les maîtres et ceux qui ont une responsabilité dans la formation des enfants et des jeunes, les associations catholiques, et bien sûr les prêtres qui par leur témoignage doivent aider à découvrir la beauté de la vie de prêtre. 
 
 
« Tous les prêtres feront preuve du plus grand zèle apostolique pour cultiver les vocations, et ils attireront vers le sacerdoce les âmes des jeunes par leur vie personnelle humble, laborieuse, vécue d’un cœur joyeux, par des rapports mutuels empreints de charité sacerdotale ainsi que par une coopération fraternelle". Sur le plan du discernement des vocations, l’Archevêque Dakar recommande de prendre « le temps d’accompagner tous ceux et celles qui se présentent comme candidats au sacerdoce ou à la vie religieuse. Un bon accompagnement devrait durer au moins deux ans, pour que l’accompagnateur puisse attester valablement de la crédibilité de la prétendue vocation».
 
 
Autant reconnaître que dans cette crise, nous sommes tous concernés.

Oficom

Lundi 17 Novembre 2014 - 21:49



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