La crise scolaire: Régime de l’indiscipline et du «jusqu’au boutisme»



La crise scolaire: Régime de l’indiscipline et du «jusqu’au boutisme»
L’année scolaire tire à sa fin avec à l’horizon les examens qui pointent. Il n’y a toujours pas de solution. L’échec des négociations est le fruit d’un défaut criard de formation et de conscience professionnelle. Le métier d’éducateur est avant tout un sacerdoce; il exige des sacrifices et un don de soi. C’est ce qui fait sa noblesse. Devant des milliers d’enfants innocents qui attendent de nous, enseignants, une éducation et une formation qui leur permettraient d’entrer en toute confiance dans le monde de la production, de la confrontation et de l’affirmation de la personnalité, nous nous enfermons dans des cadres politiciens étanches et sans avenir pour notre nation.  Comment des Educateurs, Responsables Sociaux, Maitres de la Discipline peuvent-ils se laisser ballotés par les vagues des opinions fluctuantes de la société.
 
Cette tendance à une discipline relâchée a eu des effets négatifs dans notre système éducatif. L’avènement de Iba Der Thiam avec ses classes à double-flux, Djibo KA avec ses « ailes de dinde », Mamadou Ndoye avec ses volontaires, Kalidou Diallo avec ses « quotataires », Abdoulaye Wade avec ses promesses électoralistes sont les seules sources de nos maux.  En « démocratisant » les instances dans les lycées et collèges pour des prises de décisions avec la présence des élèves, l’autorité administrative scolaire a décliné. Elle a entrainé dans son sillage celle des parents et celle de l’Etat. Durant le règne de Wade, des promesses et des actes irréalisables, j’allais dire utopiques pour un pays comme le nôtre, ont été signés, dans le seul but de flouer les organisations syndicales. Ces dernières en étaient conscientes. Mais leur seul but était de faire chanter l’Etat pour en tirer quelques avantages. Mais alors jusqu’où il faut aller ? Avec plus de cinquante syndicats d’enseignants, il est temps de s’arrêter, de mettre en avant l’intérêt exclusif de nos enfants, seul gage de l’avenir de notre pays.
 
La méthode du Président Macky peut choquer, parce que les gens n’ont pas l’habitude d’entendre des vérités crues de la bouche des politiciens, surtout de la part du chef de l’Etat. Les syndicats ont souvent eu en face d’eux des ministres ou un Président qui les caressaient dans le sens des poils. Avec Macky c’est le contraire: c’est carte sur table. Quand c’est impossible, on ne promet rien. Il appartient dès lors aux syndicalistes, surtout de l’Education, de faire preuve de civisme, de patriotisme, de sens des responsabilités. Cette attitude du Président réside dans sa lutte contre l’enrichissement illicite, le détournement des deniers publics, le procès de Karim et celui de HISSEINE HABRE, la réduction de son mandat. Autant d’actes qui dénotent sa bonne foi et son désir inébranlable de moraliser notre société politique, de discipliner tous les secteurs sociaux, de restaurer nos valeurs sociales qui se sont effritées durant le régime précédent.
 
Notre système souffre avant tout de qualité dans les apprentissages. Une absence notoire de conscience professionnelle chez les enseignants, doublée d’un déficit de formation handicapent considérablement notre système éducatif. Voilà pourquoi il est indispensable de tout remettre en ordre. Les promesses et les recrutements électoralistes ont été le lit de notre dégringolade scolaire. Ils ont installé la médiocrité, l’indiscipline et le laisser-aller dans tous les cycles scolaires. Les parents d’élèves impuissants, se retrouvent entre le marteau des grévistes en l’enclume des apprenants avides de savoir. Cependant leur voix doit être très audible. Malgré cette situation, l’Etat a le devoir de sévir, de trouver des solutions idoines au risque d’affronter les syndicats.
 
Il est alors inadmissible que des fonctionnaires de l’Etat réclament des salaires indus au risque de pourrir une situation déjà très entamée. Durant la grève, les syndicats doivent obligatoirement prendre en charge leurs militants : c’est la seule forme de résister aux pressions financières de l’Etat. Nous pouvons pour cela rappeler la fameuse grève de SUDES du 14 Mai 1980. Quelle journée ! Que d’acquis ! Quelle résistance ! C’est cette journée qui a produit tous ces acquis dont profitent aujourd’hui tous les enseignants.  Chaque corporation doit jouer son rôle et défendre les intérêts de ses militants ; mais elle devra savoir raison gardée. Il y’a plusieurs corporations et l’Etat doit sauvegarder un équilibre de nos finances pour un développement harmonieux de notre pays. Le Président en est le Garant.   
 

Ismaila Kamara, Directeur d’école à la retraite

Samedi 2 Mai 2015 - 20:44



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