La réponse de Kiev aux séparatistes de Donetsk reste militaire

Après la Crimée, l'Ukraine vient de perdre une autre partie de son territoire. La République populaire de Donetsk a proclamé son indépendance, lundi soir, et demandé dans la foulée son rattachement à la Russie. Inadmissible pour Kiev. Les autorités intérimaires n'ont pas l'intention de laisser faire les séparatistes. Elles feront en sorte que l'élection présidentielle du 25 mai se tienne dans toute l'Ukraine.



Les autorités de Kiev ont annoncé vouloir poursuivre les opérations militaires contre les séparatistes dans l'est de l'Ukraine. Photo d'un soldat ukrainien à Marioupol le 11 mai 2014. REUTERS/Marko Djurica
Les autorités de Kiev ont annoncé vouloir poursuivre les opérations militaires contre les séparatistes dans l'est de l'Ukraine. Photo d'un soldat ukrainien à Marioupol le 11 mai 2014. REUTERS/Marko Djurica

« L'opération antiterroriste continuera tant que les séparatistes terroriseront la population ! » Face aux insurgés qui souhaitent maintenant le rattachement de la « République de Donetsk» à la Russie, Kiev a opposé une réponse militaire. Le ministre de l'Intérieur Arsen Avakov a déclaré lundi 12 mai qu'il n'y avait pas lieu de suspendre l'opération anti-terroriste en cours dans les régions de Donetsk et Lougansk.

Autre objectif affiché via cette opération : sécuriser la région à l'approche de l'élection présidentielle du 25 mai. Selon Avakov, les forces ukrainiennes sont prêtes à affronter les provocateurs. Le ministère ukrainien de l'Intérieur a notamment procédé à la division en plusieurs zones du Donbass en fonction du degré de risque. Et surtout, comme le certifie Avakov en contredisant les séparatistes, le vote aura également lieu dans les régions de Donetsk et Lougansk. Le ministre de l'Intérieur a d'ailleurs qualifié d'échec à de nombreux égards le référendum qui s'est tenu dimanche. Enfin, Avakov compte faire appel à la police dans chaque bureau de vote ukrainien au moment du décompte des voix du scrutin présidentiel, afin qu'il n'y ait pas de risque ni de spéculation possible.

Moscou n'a pas encore réagi à la demande de rattachement des séparatistes de l'est de l'Ukraine. Lundi, il s'est attaché à calmer les tensions en prônant une désescalade lors d'une conversation téléphonique avec Didier Burkhalter, le chef de l'OSCE. Il a en effet dit soutenir la feuille de route et l'engagement de l'OSCE en Ukraine.

Cependant, dans un communiqué publié ce mardi 13 mai, le ministre des Affaires étrangères Sergeï Lavrov a haussé le ton vis-àvis de Kiev, qu'il accuse de refuser un dialogue « réel » avec les séparatistes de l'Est. Un refus qui constitue selon lui « un obstacle sérieux sur la voie de la désescalade ».  Il invite enfin les Européens et les Américains à faire pression sur Kiev pour régler les questions constitutionnelles avant le scrutin du 25 mai prochain

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier est arrivé ce matin à Kiev, où il a été accueilli par le Premier ministre Arseni Iatseniouk, pour soutenir une initiative de « dialogue national » impliquant les régions séparatistes de l'Est. Il doit aussi rencontrer le président par intérim Olexandre Tourtchinov, puis se rendre à Odessa au sud, cette ville portuaire où des violences ont fait plusieurs dizaines de morts le 2 mai.

Pour Frank-Walter Steinmeier, le rôle de l'élection présidentielle du 25 mai est «crucial». Le ministre allemand des Affaires étrangères a dit aujourd'hui espérer qu'elle pourra avoir lieu, malgré une situation dans l'est de l'Ukraine très dangereuse. Selon Steinmeier, la résolution de la crise ukrainienne passe par un «dialogue national» entre les parties en conflit. Il s'est dit convaincu que cela permettrait à l'Etat ukrainien de rétablir son contrôle dans l'est du pays .

Après sa rencontre avec Steinmeier, le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a quant a lui déclaré que la clé de la déstabilisation dans cette partie de l'Ukraine était non pas du ressort de Kiev mais de Moscou. Selon lui, dès lors que la Russie cessera de soutenir les terroristes, le calme reviendra. Iatseniouk a ajouté que le dialogue national devrait porter, entre autres, sur la réforme constitutionnelle, la décentralisation et la lutte contre la corruption .Source : Rfi.fr
 



Mardi 13 Mai 2014 - 17:17



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