La rue éthiopienne dit «non» aux extrémismes religieux

Ce dimanche matin 1er septembre, une imposante manifestation interreligieuse se tenait à Addis-Abeba. Toutes les confessions s'y sont réunies pour dénoncer la montée des extrémismes. Un événement important qui intervient après un mois d'août marqué par des arrestations lors de l'Aïd et des altercations mortelles entre musulmans et policiers.



De 60 000 à 80 000 manifestants ont défilé contre les extrémismes religieux à Addis-Abeba, le 1er septembre 2013. REUTERS/Tiksa Negeri
De 60 000 à 80 000 manifestants ont défilé contre les extrémismes religieux à Addis-Abeba, le 1er septembre 2013. REUTERS/Tiksa Negeri

Ils étaient entre 60 000 et 80 000 manifestants à braver les averses hier matin à Addis-Abeba. Comme Techo, ils sont venus clamer un même message : « Je suis venu ici pour m'opposer au fondamentalisme religieux. Le fondamentalisme n'est pas uniquement l'expression des musulmans. Dans chaque religion, il y a des extrémismes. L'Ethiopie s'efforce actuellement d'éliminer la pauvreté. Mais quand il y a des mouvements radicaux, nous ne pouvons pas agir tel que nous le voudrions. »

Dénoncer la montée des extrêmes

Ces derniers mois, la coexistence pacifique entre les religions s’est détériorée. Depuis vingt ans seulement, la Constitution éthiopienne garantit la liberté de culte, mais elle garantit aussi la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Or, le gouvernement, même s’il le réfute, est accusé de vouloir dicter une religion d’Etat aux musulmans.

Getachew est professeur. Ce dimanche matin il est venu lui aussi dénoncer la montée des extrêmes : « Notre Constitution dit que la religion et l'Etat sont deux choses différentes. Le gouvernement ne peut pas interférer dans la sphère religieuse et la religion ne peut pas interférer dans les affaires de l'Etat. Nous devrons respecter la loi et les articles de notre Constitution ».

« Ma religion ? Je suis Ethiopien »

Comme beaucoup de musulmans mais aussi de chrétiens, il brandit sur son épaule une pancarte respectant la Constitution. Quand on lui demande quelle est sa croyance, sa réponse est sans appel : « Ma religion ? Je suis Ethiopien ».
Source: RFI



Lundi 2 Septembre 2013 - 11:30



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter