La sécurisation du Mali: une tâche toujours aussi ardue

Quelques jours après la signature définitive des accords d'Alger censés mettre fin au conflit opposant groupes rebelles au gouvernement malien dans le nord du pays, Bamako a officiellement demandé l'aide du conseil de sécurité de l'ONU pour la mise en oeuvre de cet accord de paix. Le mandat de la Minusma doit être renouvelé à la fin du mois par l'ONU.



De l'aveu même de Mongi Hamdi, envoyé spécial de Ban Ki-moon au Mali, la route est encore longue pour arriver à la paix dans le nord du pays. Les terroristes et groupes islamistes profitant du chaos ambiant pour mener des trafics d'armes et de drogues, et qui n'ont aucun intérêt à la stabilité de la région, vont tout faire pour que le processus de paix déraille.

Le gouvernement malien a donc demandé expressément au conseil de sécurité de l'ONU de permettre un déploiement plus au nord des casques bleus de la Minusma. Forte de 10 000 hommes, c'est l'opération de maintien de la paix la plus exposée et la plus meurtrière de l'ONU, avec 49 décès depuis le début de la mission en 2013.

La Minusma, qui devra aussi s'assurer de l'application politique des accords de paix, se contente pour l'instant d'actions très concrètes : rouvrir les écoles, fermées depuis 3 ans et offrir près de 6 heures d'électricité par jour aux habitants de Kidal. L'ONU espère ainsi créer une dynamique positive dans une région où la rébellion face au pouvoir central de Bamako est encore vive.

Une mobilisation régionale contre le terrorisme

 

A l'initiative d’une ONG américaine, l'Institut national démocratique (NDI), des parlementaires venus de plusieurs pays du Sahel abordent dans la capitale malienne depuis une semaine la question de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé en présence de spécialistes de questions de défense. Christopher Fomunyoh, le directeur Afrique du NDI explique pourquoi il est important, dans la lutte contre le crime organisé et le terrorisme dans les pays du Sahel, d’impliquer les parlementaires des pays qui font face aux jihadistes : « Les frontières sont très poreuses. Ces extrémistes sont très mobiles. Ils peuvent se trouver dans un pays le matin et le soir dans un autre pays. Il est donc important que les efforts soient conjugués à travers les différents acteurs politiques et sécuritaires ».

De son côté, Illa Ousmane, président de la commission Défense et sécurité du Niger insiste sur les actions militaires communes entre les pays du Sahel pour lutter contre le terrorisme : « Pour lutter contre Boko Haram, il faut une très grande synergie sous-régionale, voire même internationale. Le gouvernement du Niger a initié des patrouilles sur toutes les frontières. Il a initié aussi différentes opérations militaires ». Il est bien de lancer des actions militaires communes, mais il faut également harmoniser les législations des pays du Sahel en matière de lutte contre le terrorisme, affirme de son côté un député de la transition du Burkina Faso.


rfi.fr

Mercredi 24 Juin 2015 - 09:56



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