La victoire complète de David Cameron aux élections britanniques

premier ministre sortant se prépare à former un nouveau gouvernement 100% conservateur. Le Labour et les libdem sont défaits. Les leaders démissionnent les uns après les autres. Raz de marée pour les nationalistes écossais.



David Cameron reste à Downing Street. La large victoire des conservateurs se confirme et s'amplifie même au fil des heures, faisant mentir tous les sondages de la campagne, jusqu'au dernier jour. Selon les résultats quasi-définitifs connus ce vendredi peu avant 14h heure de Paris, le Parti conservateur s'est assuré la majorité absolue à la Chambre des communes avec 326 sièges, contre 230 pour les travaillistes.

Les libéraux-démocrates écrasés, obtiennent 8 députés sur leurs 56 de l'assemblée sortante.

En Ecosse, les nationalistes du SNP (Scottish National Party) triomphent. Leur victoire est confirmée dans 56 des 59 circonscriptions écossaises. Mhairi Black, 20 ans,  devient sous leurs couleurs la plus jeune députée britannique, battant un cacique du parti travailliste, Douglas Alexander. «Le lion écossais a rugi à travers le pays», s'est acclamé Alex Salmond, ancien leader du SNP, élu à Westminster.

Résultats en attente pour l'Ukip

Le vice-premier ministre sortant centriste Nick Clegg a sauvé sa peau dans sa circonscription de Sheffield. Mais il a annoncé vendredi sa démission de la tête du parti libéral-démocrate britannique, après la déroute de celui-ci. «Les résultats ont été dévastateurs», a-t-il reconnu.

L'ancien tory Douglas Carswell a été réélu sous les couleurs de l'Ukip. Il est le seul élu du parti souverainiste. Car dans la circonscription de Thanet South, Nigel Farage a été battu. Comme il s'y était promis, il a présenté sa démission de la tête du parti, sans toutefois exclure un retour à l'automne. «Je suis un homme de parole», a souligné l'eurodéputé de 51 ans, devancé dans son Kent natal par le candidat conservateur.

Mark Reckless, autre transfuge tory élu sous casquette Ukip fin 2014, est cette fois battu. Les Verts remporteraient un siège.

David Cameron s'est engagé à gouverner pour «rassembler le pays, une nation, notre Royaume-Uni» et a confirmé la rapide décentralisation de compétences supplémentaires en Ecosse et au Pays de Galles. La victoire quasi-uniforme des nationalistes en Ecosse sera l'un des principaux défis de son nouveau mandat.

Ed Miliband a évoqué une «nuit décevante et difficile» et attribué la défaite de la majorité de ses députés sortants en Ecosse à une poussée du nationalisme». A la mi-journée, il a présenté sa démission. «Il est temps qu'un nouveau leader prenne le relais», a-t-il dit.

Cameron a les mains libres

Fort de ces résultats, David Cameron semble en mesure de mettre sur pied un gouvernement 100% conservateur, en se passant de l'appui d'une force d'appoint. Ce sera un soulagement pour les tories qui se sont plaints des concessions condédées ces cinq derniers à leurs alliés centristes.

Le premier ministre reconduit va mettre en place le processus conduisant au référendum sur l'Europe, promis au plus tard fin 2017. Dans un premier temps, David Cameron cherchera à négocier avec ses partenaires une réforme du fonctionnement de l'Union européenne.

Fiasco des sondages

Ces résultats sont un camouflet pour les instituts de sondages et l'ensemble des experts de la politique, qui donnaient conservateurs et travaillistes au coude à coude et excluaient toute majorité claire au Parlement. Abasourdis par leur erreur, après une première réaction de déni, plusieurs sondeurs se sont dits prêts durant la nuit à «avaler leur chapeau». Cette surprise est en partie imputée au poids des «torys timides» qui n'auraient pas déclaré leurs intentions de vote dans les enquêtes d'opinion.


figaro

Vendredi 8 Mai 2015 - 12:34



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