Lamine Diack : « Le problème au Sénégal, c’est que tout le monde pense connaitre le football »

Même si son nom évoque l’athlétisme pour certains, Lamine Diack, président de l’IAAF n’en demeure pas moins un observateur averti du football. Le patron de l’athlétisme mondial donne son avis sur l’équipe nationale de football du Sénégal et sur la nomination d’Aliou Cissé à la tête des Lions. Extraits de l'entretien accordé au quotidien Stades.



Nomination Aliou Cissé

« Aliou Cissé est un garçon qui a du caractère. J’ai eu à le rencontrer quand il était à Birmingham. Je pense que si nous voulons qu’il fasse des résultats, il faut qu’on le laisse travailler, l’épauler et surtout ne pas l’encombrer. On n’a pas besoin d’aller chercher un entraineur étranger. Si à l’heure actuelle il n’y a pas un sénégalais pour diriger l’équipe nationale, ce serait une vraie catastrophe. Il faut qu’il soit encadré. Mais il y a des tâches que d’autres doivent faire pour l’aider. Cependant le problème au Sénégal, c’est que tout le monde pense connaitre le football. »

 
Staff autour du sélectionneur

« Effectivement Aliou doit avoir autour de lui des gens qui l’aident dans sa mission. Mais aujourd’hui, quand l’équipe nationale se déplace, il y a tellement de monde autour qui ne fait rien. Le drame du football, c’est ce que tout le monde pense qu’il s’y connait ; alors chacun se dit qu’il doit y être. Or une équipe, on la laisse travailler mais on ne doit pas l’encombrer. Si on le laisse travailler avec ses collaborateurs, il a suffisamment de caractère pour faire de bons résultats. Maintenant, vous savez, faire une équipe avec des joueurs qui sont nés en France, qui y ont grandi et qui ont décidé de venir y jouer au Sénégal avec d’autres qui ont grandi ici, pour que la mayonnaise prenne forme, ce n’est pas simple ».

 
Part des joueurs dans le succès du sélectionneur

« Il faut que les joueurs se lancent dans la même mentalité que lui (Aliou Cissé). Un joueur qui vient d’un club où il touche 200 000 euros (130 millions FCFA), ne vient pas en sélection pour des primes. Si avec les primes on commence à dire qu’on va leur donner tant ou tant, ce n’est plus la peine, ils ne gagneront rien. A un moment donné au Libéria, c’est Georges Weah qui prenait tout en charge car il en avait les moyens. Ici quand les joueurs arrivent, on commence à dire qu’on leur donne 5 millions, 10 millions. (…) Je pense que les rapports entre le Sénégal et ses joueurs ne doivent pas e bâtir sur des primes »
 


Lundi 27 Juillet 2015 - 12:52



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