Lancement du parti ACT d'Abdoul Mbaye: la réaction mitigée des Sénégalais

L’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye a officialisé son entrée en politique ce samedi avec le lancement de son parti dénommé Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT). Une descente dans l’arène politique diversement appréciée par les sénégalais à qui Pressafrik a tendu son micro.





De l’avis de Sadia, peintre de profession: «C’est un parti de plus puisque chacun est libre de créer son parti politique et puis c’est le jeu de la démocratie». «Donc si Abdoul Mbaye s’est jeté dans l’arène politique je n’y vois pas de mal», explique l’artiste. Mouhamed Fall, la cinquantaine sonnée, trouvé assis sur les bancs du jardin des Allées Ababacar SY, journal à la main, ne se fait pas d’illusion. «Je le vois uniquement comme la plupart des sénégalais, un «toubab bou gnioul». Il est juste mécontent et frustré parce que le Président Sall l’avait démis de ses fonctions de Premier ministre (Pm)», souligne-t-il. Pour lui, Abdoul Mbaye avait d’autres choix que de faire la politique. «Car ce n’est pas son domaine, il va être seulement un figurant comme le sont déjà la plupart des chefs de partis», affirme-t-il en soutenant que le prédécesseur d’Aminata Touré «va dépenser inutilement son argent dans la politique».

 
Et de poursuivre : «Macky Sall est la cause de tous ces problèmes. S’il avait bien connu l’homme avant de le nommer Pm, on n’en serait pas là». «Comme nous le savons tous, Abdoul Mbaye s’est impliqué dans des choses louches notamment quand il était Directeur général d’une banque et même sur le cas d’Habré, alors il ne pourra rien apporter aux sénégalais car nous ne lui faisons pas confiance», sert Mouhamed Fall.
 
Dressant un très sombre tableau de la gestion du président Macky Sall, Abdoul Mbaye disait que «le Sénégal va mal sur beaucoup de plans » en déplorant «la montée des anti-valeurs».
 
Interrogée sur ce point, une jeune femme qui a requis l’anonymat est d’avis que «ce fléau est récurant et persistant». «Il faut le dire, c’est au sein même des dirigeants que cela se fait, c’est eux qui doivent être des modèles, ils doivent montrer le bon exemple, donc les antivaleurs, les antis modèles, il faudra les rechercher beaucoup plus près surtout auprès de nos gouvernants. Cela fait partie des maux du Sénégal, alors c’est une chose à soigner», marque-t-elle.

S’agissant de l’implication des directeurs d’entreprises publiques qui ont battu campagne lors du référendum, une démarche fustigée par Abdoul Mbaye, Sadia tempère : «C’est très normal que lors d’une campagne, qu’un directeur général quitte son poste pour aller battre campagne car ce sont les règles de notre culture politique. Même si Abdoul Mbaye n’était pas politicien quand on le nommait Pm, il avait adopté les jeux politiques».
 
Ne s’arrêtant pas là, Sadia d’indiquer: «Si Abdoul Mbaye reconnait que le Sénégal va mal, il faut noter qu’il est comptable de cette situation vu qu’il était le pion du Président. Mais comme on le dit au Sénégal, le paradoxe et le ridicule ne tuent pas», a-t-il soutenu. 
 
«Au Sénégal on a un problème de choix, on se base plus  sur les compétences de l’individu mais plutôt sur d’autres critères plus sociaux que professionnels et c’est là où le bât blesse. Donc il faut mettre l’homme qu’il faut, à la place qu’il faut», prie le peintre. 

Trouvée à l’arrêt, Aïcha Diop se dit être déçue. «Abdoul Mbaye a toujours était une référence pour moi, je l’ai toujours suivi et j’appréciais tout ce qu’il fait. Mais aujourd’hui, je suis vraiment déçue du chemin qu’il a pris. La politique et l’honnêteté, c’est deux (2) choses différentes», explique la jeune étudiante qui soutient qu’ «aujourd’hui l’homme de principes qu'(elle) voyait, (sa) référence, (son) idole, n’est plus cet homme politique qu’est devenu Abdoul Mbaye».  

«Le Sénégal manque des hommes de principes, des hommes qui ont  des vertus et qui les respectent, car la politique dénature la personne de ses valeurs et la tend du mauvais chemin, «celui des menteurs»», ajoute-t-elle.  

Aminata Diouf (Stagiaire)

Mardi 17 Mai 2016 - 15:29



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter