Le Cambodge en deuil du père de l'indépendance, Norodom Sihanouk

En cette journée de Fête des morts, ce lundi 15 octobre 2012, le Cambodge s'est réveillé avec la nouvelle de la disparition du roi-père Norodom Sihanouk, emporté par une crise cardiaque à l'âge de 89 ans à Pékin où il résidait. Peu après l'annonce du décès, la Chine a officiellement déploré la perte d'un «grand ami».



Le Cambodge en deuil du père de l'indépendance, Norodom Sihanouk
Les drapeaux sont en berne dans le pays et les chaînes de télévision diffusent en boucle la nouvelle. Sihanouk aura marqué pendant plus de soixante ans l'histoire mouvementée du Cambodge.

Ce fin stratège politique réussit en 1953 à délivrer pacifiquement son pays de 90 ans de protectorat français. Il entreprend alors une modernisation du Cambodge. Son régime ne sera pas démocratique mais trouve sa place sur la scène internationale. Sihanouk est en effet l'un des fondateurs du mouvement des pays non alignés.

Renversé par un coup d'Etat en 1970, il organise la résistance en s'associant à ses ennemis d'hier, les communistes, et devient en 1975 le premier chef d'Etat du régime de Pol Pot. Les Khmers rouges auront réussi à gonfler leurs rangs grâce à cette alliance avec cette figure considérée alors comme divine et adulée par le peuple.

Quand le pays tombe ensuite entre les mains du Vietnam, Sihanouk se bat contre cette occupation étrangère en restant l'ami des Khmers rouges dont il n'ignore rien des crimes. Des négociations entre les parties en lice sous l'égide des Nations unies conduisent à son retour sur le trône en 1993.

Affaibli par l'âge et sur l'échiquier politique, préoccupé par l'avenir de la monarchie cambodgienne, il renonce à la couronne en 2004 en faveur de son fils Sihamoni. Intouchable de son vivant, sa disparition va permettre de faire le jour sur le prince de l'ombre que certains l'accusent d'avoir été.

Depuis qu’il a abdiqué son pouvoir à son fils en 2004, Norodom Sihanouk passait une grande partie de l’année ici à l’hôpital de Pékin et dans ses appartements du 15 de la rue Dong Jiao Min Xiajiao au centre de la capitale.

L’ancien roi souffrait d’un cancer, de diabète et d’hypertension. C’est quelqu’un qui jusqu’à un âge avancé n’hésitait pas à parler des affaires du monde et de sa santé sur son site internet. Il rentrait d’un voyage au Vietnam en septembre dernier, mais depuis 2009 il se disait fatigué.

Norodom Sihanouk est décédé « d’une cause naturelle » a fait savoir à l’agence Chine Nouvelle. « Nous sommes très tristes », a annoncé le vice-Premier ministre cambodgien Nhek Bunchhay. Car l’ancien roi, six fois marié et père de 14 enfants dont cinq tués par les Khmers rouges continuait d’être vénéré par son peuple, malgré cette distance et le fait qu’il soit contraint de suivre ses traitement à Pékin.

Dès son premier voyage en Chine en 1956, le courant entre Norodom Sihanouk et les dirigeants chinois est bien passé. Mao lui a offert une maison dans le centre de Pékin. Des appartements où il était jusqu’à cette nuit voisin du Premier ministre chinois Wen Jiabao, c’est dire sa proximité avec le pouvoir chinois.

On se souvient aussi, qu’en pleine guerre du Vietnam l’ancien roi avait été destitué par un putsh pro-américain. Il s’était alors réfugié pendant cinq ans à Pékin. « Norodom Sihanouk était un grand ami du peuple chinois », rappel ce lundi 15 octobre dans un communiqué le ministère chinois des Affaires étrangères.
Source: RFI


Lundi 15 Octobre 2012 - 12:09



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