Le Cameroun horrifié par l’éventration d’une défunte enceinte devant un hôpital



Le Cameroun horrifié par l’éventration d’une défunte enceinte devant un hôpital
L’histoire émeut le Cameroun tout entier. Sur des vidéos d’amateurs diffusées sur des réseaux sociaux, dimanche 13 mars, on voit deux femmes. L’une est allongée sur un bout de pagne étalé sur un sol carrelé. L’autre, mains recouvertes de gants ensanglantés, lui fend le ventre avec un objet tranchant que l’on peine à distinguer. Elle en sort, sous les cris des badauds agglutinés autour d’elle, un premier bébé. Elle le retourne entre ses mains. Il n’est plus vivant. Elle extrait du ventre, dont les intestins pendent, un second enfant. Un de ses petits pieds bouge. Elle essaie de le sauver. En vain. L’enfant finit par mourir.

La scène se déroule à l’entrée de la maternité de l’hôpital Laquintinie, à Douala, capitale économique du Cameroun. Alvine Monique Koumaté et ses bébés posés sur sa poitrine, ventre ouvert, sont exposés aux regards de tous. Les appareils photo et téléphones portables crépitent. Au milieu des cris des membres de la famille éplorée, des infirmiers et infirmières vaquent tranquillement à leurs occupations.

«Que Paul Biya agisse pour une fois ! »
 
Que s’est-il réellement passé pour qu’une femme soit ainsi « opérée » à ciel ouvert sur le parvis de l’un des plus grands hôpitaux publics du Cameroun ? Difficile à dire faute d’éléments factuels précis. « Nous sommes arrivés à la guérite de l’hôpital dans un taxi. On nous a demandé d’aller aux urgences, raconte, la voix étranglée par le chagrin, l’homme qui se présente comme le compagnon de la défunte. Là-bas, ils nous ont envoyés à la maternité. Un infirmier est venu et nous a dit qu’elle était décédée et nous a demandé d’aller à la morgue. » L’un des employés de la morgue constate que le ventre d’Alvine Monique Koumaté « bouge » et se propose de l’opérer pour sauver ses jumeaux. Il demande l’accord des infirmiers, « sans succès ».

Finalement, c’est une cousine « éloignée », Rose Tacke, qui se rue à la pharmacie, achète des gants et une « lame » et vient mener l’opération. « Elle espérait au moins sauver les enfants », raconte un témoin de la scène, encore sonné par l’horreur. « Les infirmières ont refusé, je vous le jure, refusé de sauver les enfants de ma fille », répète en pleurant au Monde Afrique Beas Sen, la mère de la défunte.
 

Khadim FALL

Jeudi 17 Mars 2016 - 12:11



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