Le Dakar 2013 aura un parcours plus africain

Le célèbre rallye raid, dont la 33e édition s’est achevée le 15 janvier à Lima, la capitale péruvienne, est désormais bien établi en Amérique du Sud, où il se court depuis 2009. Il y a trouvé un public, dans des pays qui sont aussi d'importants marchés pour les sponsors et les marques des véhicules qui prennent part à la compétition, sans devoir affronter les critiques auxquelles le rallye devait faire face en terre africaine. Un succès dont témoigne l’inclusion de la Bolivie pour l’édition 2013, qui devrait parcourir également l’Argentine, le Chili et le Pérou, les trois pays traversés cette année.



Le Dakar 2013 aura un parcours plus africain
Le Dakar 2012 s’est terminé le 15 janvier à Lima, sur des victoires des Français Stéphane Peterhansel dans la catégorie autos et Cyril Desprès en motos. Curieusement, le palmarès de cette quatrième édition sud-américaine du rallye est le même que celui de 2007, dernière année où le Dakar s’était couru en Afrique. Comme si le podium venait confirmer le succès des organisateurs dans leurs efforts pour donner à la course un caractère plus « africain ».


Nouveauté de l’édition 2012, les longues séries de dunes des étapes péruviennes, s’ajoutant à un parcours très exigeant en Argentine et au Chili, les deux pays qui avaient accueilli le rallye depuis 2009, ont apporté aux pilotes la seule chose qui semblait leur manquer en Amérique du Sud : la navigation sans repères physiques dans des paysages rappelant la Mauritanie ou la Libye.


En perdition après l’annulation de l’édition 2008, pour cause de menaces terroristes en Mauritanie, le Dakar a été sauvé par l’Amérique du Sud. Le pari n’était pas gagné d’avance. Quand ils y ont débarqué, les organisateurs, par ailleurs accusés d’abandonner le continent auquel était liée l’épreuve depuis ses origines, se posaient beaucoup de questions.


Comment appeler «Dakar» une course se déroulant en Argentine et au Chili ?
Les écuries allaient-elles accepter un déplacement lointain et plus coûteux ? Les amateurs, qui constituent traditionnellement 80% des inscrits, pourraient-ils en affronter les frais ? Les sponsors suivraient-ils ? L’identité même du rallye était menacée : pouvait-on appeler Dakar une course se déroulant en Argentine et au Chili ?
Cela a pourtant marché, dès la première année, et mieux encore que prévu : le pari économique a été réussi, le Dakar est devenu une marque et le rallye a trouvé un terrain on ne peut plus propice en Amérique du Sud. On peut même parler de renaissance, l’épreuve n’ayant plus à faire face aux critiques qui avaient cours il se déroulait en Afrique.


Il devait alors affronter une opinion publique européenne de plus en plus sensible aux problèmes environnementaux (ce qui avait conduit à l’annulation des prologues courus en Europe) et dénonçant le « scandale » d’une caravane « friquée » traversant dans l’indifférence des pays aux populations démunies.
Une véritable communion entre les habitants et le rallye


Rien de tel en Amérique du Sud, en ce qui concerne l’environnement, parce que les mouvements écologistes y sont relativement faibles. Mais aussi, parce que les autorités font respecter les réglementations interdisant le passage des véhicules dans des régions sensibles en raison de leur patrimoine archéologique où la flore et la faune sont protégées. Pour ce qui est du rapport avec la population, loin d’une quelconque indifférence, on assiste au contraire à une véritable communion entre les habitants des pays traversés et le rallye.
Organisateurs, sponsors, pilotes et membres des équipes techniques ont trouvé en terre sud-américaine un public nombreux et enthousiaste. Parce que les conditions socio-économiques y sont très différentes que sur le continent africain, mais aussi parce que la course y suscite un véritable intérêt. En particulier en Argentine, où les sports mécaniques sont une passion nationale, de sorte que le Dakar s’y déroule dans une ambiance de fête populaire comparable à celle du Tour de France. Pour l’édition 2011, plus de deux millions de personnes ont suivi le rallye.


Des marchés importants pour les sponsors
Cet engouement populaire favorise le tourisme. On vient de provinces éloignées, mais aussi de pays voisins, pour suivre le Dakar. Et les 1 200 heures de diffusion de la course sur les écrans du monde entier offrent aux pays sud-américains une vitrine à l’international. Cela incite évidemment les gouvernements à apporter leur contribution financière à l’organisation du rallye, assurés qu’ils sont de retombées beaucoup plus importantes (280 millions de dollars pour l’Argentine en 2011). Parmi celles-ci, la participation des entreprises locales à la logistique (transports, restauration, etc.).
Par ailleurs, l’Argentine, le Chili et dans une moindre mesure le Pérou, sont des marchés importants pour les sponsors internationaux du rallye (comme Total, qui a une présence significative dans la région), ainsi que pour les marques des véhicules participant à la compétition. Volkswagen, vainqueur dans la catégorie autos de 2009 à 2011, est numéro un sur l’ensemble du Mercosur (Brésil et Argentine principalement). Dans les camions, Iveco, champion 2012 avec Gerard de Rooy, vise la première place régionale.


Le risque bolivien
Compte tenu de ce qui précède, le Brésil, sixième économie mondiale, devrait être prochainement inclus dans le parcours du Dakar. Les organisateurs en avaient évoqué la possibilité dès l’an dernier. Mais le projet a été retardé, la première puissance sud-américaine ayant fait le plein de grands évènements sportifs internationaux pour les prochaines années avec le Mondial de foot (2014) et les Jeux olympiques de Rio (2016).
En attendant, l’édition 2013, dont le parcours sera rendu public le 15 février, devrait s’ouvrir à un quatrième pays de la région, la Bolivie. C’est un risque, ce pays, plus pauvre que ceux qui ont accueilli jusqu’ici le rallye et dépourvu de tradition automobile, offrant par ailleurs moins de garanties en termes de sécurité. Mais le Dakar est devenu une course sud-américaine, comme en témoigne également la participation croissante de pilotes de la région : Argentins et Chiliens d’abord, mais aussi Brésiliens, Péruviens, Uruguayens et, pour la première fois en 2012, Colombiens et Boliviens.





Source: RFI
 
 


Lundi 16 Janvier 2012 - 13:07



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